Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Laissez tomber : n'allez plus en librairies

Clément Solym - 16.12.2011

Edition - Librairies - Amazon - librairies - clients


Pour le site Slate.com, acheter par le biais du site Amazon est finalement préférable pour les auteurs, pour l'économie et... pour le lecteur. Un point de vue à débattre, qui pose clairement les questions de la consommation de livres, et de l'intérêt des clients. Après, mieux vaut acheter, ou acheter plus ?

 

Le journaliste Farhad Manjoo a publié mardi un article concernant le géant Amazon sur le site Slate.com. Acheter sur ce site a, selon lui, des effets plus bénéfiques pour le marché du livre que l'achat d'un bouquin dans une librairie indépendante. Quels sont ses arguments ?

 

Le journaliste réagit aux propos de Richard Russo du New York Times, qui critique le fait que le site ne prend pas en compte « l'univers des librairies » et « nuit à la culture littéraire ».

 

 

Si le journaliste désapprouve une majorité des pratiques marketing du site parfois très contestables, « aucune entreprise au cours des dernières années n'a fait plus qu'Amazon pour stimuler l'achat, la lecture, et même l'écriture de nouveaux livres. »

 

La librairie serait un haut lieu de frustration, avec une offre dérisoire et peu de moyens fiables pour trouver ce que l'on cherche. Au contraire, le géant de la vente en ligne vous propose une suggestion de livres en fonction de ce que vous avez lu, alors qu'une librairie conseille aux lecteurs ce que les employés ont aimé.

 

Si les librairies ont un avantage important sur les sites d'achat en ligne avec notamment la possibilité de feuilleter, ou même lire le premier chapitre, avec l'e-book, la situation est rééquilibrée puisqu'il est possible de lire un échantillon. Mais l'argument fort du journaliste concerne le prix du livre, avec ce ratio, « pour un livre acheté dans une librairie, vous en avez deux en passant par un site de vente en ligne. »

 

« Un point de rupture dramatique »

 

Faradh Manjoo conçoit tout à fait que certaines personnes préfèrent le contact des livres et les petits plus comme le thé et les canapés. Sa conclusion est la suivante : « C'est sûr, Amazon, ne vous fournit pas les canapés où vous assoir pour lire le dernier bestseller, mais ce qu'il fait, est permettre aux gens d'acheter des livres quand ils le veulent sans tuer la culture littéraire. En fait, c'est sûrement la seule chose qu'il épargne ».

 

 

L'article en a fait bondir plus d'un. Comme Navneet Alang sur le site torontostandard.com, « dire qu'Amazon est préférable pour le lecteur (...) est vrai en un sens, mais c'est un détail minuscule et trompeur sur la situation globale ». Il craint un vrai « point de rupture, dramatique. Le web comme mécanisme de redistribution, menace de plomber les deux extrémités de la chaîne commerciale ».