Lalie Walker contre le Marché Saint Pierre : des dirigeants paranos ?

Clément Solym - 16.10.2010

Edition - Justice - marche - saint - pierre


La grande affaire du Marché Saint-Pierre, que Lalie Walker avait cru bon de choisir pour mettre en scène plusieurs meurtres de son polar, Au malheur des dames, pourrait finalement bien s'achever.

En effet, hier, c'est une relaxe qui a été requise pour l'auteur et l'éditeur, que deux propriétaires du magasin avaient accusé de nuire à leur entreprise et leur commerce. En effet, le fin mot de l'histoire, c'est que les deux hommes avaient probablement quelque chose à se reprocher - et notamment le licenciement de deux anciens employés, partis en 2005 et 2006. De ce fait, les dirigeants soupçonnés une réelle volonté de ternir l'image du Marché Saint-Pierre.

Ils n'étaient cependant pas présents durant l'audience à la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, et continuaient tout de même de réclamer deux millions € de dommages-intérêts, ainsi que le retrait du livre. Les dirigeants d’un magasin des lieux avaient attaqué auteur et éditeur pour « diffamation » et « injures ».


Or, et là, nous allons pouvoir nous marrer un grand coup : les deux personnes licenciées ont attaqué aux prud'hommes leurs anciens employeurs, faisant reconnaître par la justice que le licenciement été abusif. Mari et femme ont par ailleurs porté l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme, pour être réintégrés dans leur emploi.

Cependant, comme on peut s'en douter, la romancière et eux n'avaient aucun point commun et ne se connaissaient ni d'Eve, ni d'Adam. « Mon but était seulement de mettre dans un décor emblématique tout un tas de personnages », assurait alors l'écrivaine.

Le jugement prévu pour le 19 novembre prochain devra déclarer si les deux gérants sont effectivement présents ou non dans le roman de Lalie Walker, entre autres. Les avocats ont pour leur part plaidé pour une relaxe. L'un des avocats a même estimé que la procédure entamée par les plaignants était abusive, et ils mériteraient d'être condamnés à 1 million € pour ce fait...