Lancement des États généraux du livre : pas de gâteau pour les auteurs

Clément Solym - 19.03.2019

Edition - Société - Etats généraux livre - partage valeur - éditeurs auteurs néogications


C’était un moment très attendu, qui avait circulé sur les réseaux sociaux… Les auteurs étaient supposés se partager un véritable gâteau sur le stand du CNL, lundi entre 13h et 14h, pour le lancement des États généraux du livre organisé par le CPE. On s’attendait déjà à voir les auteurs se couper une meilleure part, ou autre événement surprenant, rappel des actions fortes menées ces dernières années.



Emmanuel de Rengervé (délégué général du Snac), Corinna Gepner (présidente de l’Association des traducteurs littéraires de France), Bessora Nan Nguema, (vice-présidente du Syndicat national des auteurs et compositeurs), Patrice Locmant (directeur de la Société des gens de Lettres)

 

Personne n'a oublié Plume pas mon auteur à Montreuil en décembre 2017, ou encore L’enterrement du livre de demain en juillet 2018, qui avaient défrayé la chronique et marqué les esprits. Mais rien de tout cela. Les États Généraux du livre ont été lancés par une table ronde. Classique.

 

« Notre innocent partage d’un vrai gâteau a été refusé par le CNL », nous révèle un auteur sur place. « Si on ne peut même pas symboliquement partager un gâteau sur un stand, ça commence bien ! » soupire un autre. Derrière cet événement très conventionnel, il y a donc des raisons peu claires. Une certaine déception planait chez les auteurs qui cherchaient où avait lieu cette action supposée marquer un lancement en grande pompe.

Malgré cette absence symbolique remarquée, l’événement a attiré du monde dans le public, des auteurs avides d’informations et des institutionnels venus se renseigner, comme les régions.

 

Artistes auteurs : la mission
de Bruno Racine

 

Sur scène, les intervenants ont rappelé les enjeux du partage de la valeur. Il a été martelé que l’auteur est le moins bien rémunéré de la chaîne du livre. Le Parisien a par ailleurs sorti hier un graphique sur la répartition de la valeur, qui ne cesse d’alimenter les réseaux sociaux depuis ce matin, rappelant les vifs débats qui avaient animé la profession à l’époque de l’opération marque-pages de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

Fait intéressant : les lecteurs et lectrices s’insurgent du peu que touchent les auteurs, écho à #Payetonauteur l’année dernière.

 


 

La conférence a permis de revenir sur l’épineuse question de la surproduction, mais aussi sur les incohérences auxquelles les auteurs font face au sein même de leur statut social et fiscal. « Acquérir les compétences nécessaires à nos métiers, se former... tout cela n’est jamais valorisé... donc 10 %, c’est vraiment un minimum ! » s’est indignée Bessora. « L’action des associations est cruciale et bien réelle », a rappelé Corinna Gepner.

 

Si ce lancement a permis aux auteurs et institutionnels d’échanger et de se renseigner, l’impatience semble cependant gagner les auteurs, plongés dans une atmosphère très anxiogène depuis le 1er janvier 2019 et les différentes réformes qui plombent leur quotidien.

 

Profession : auteur ?
 

« C’est bien de demander un meilleur pourcentage », déclare une illustratrice, « surtout qu’en jeunesse, la situation est catastrophique ! Moi, on m’a proposé 2 % pas plus tard que la semaine dernière pour un album jeunesse. Mais les pourcentages, ça ne fait pas tout, si de toute façon on ne vend pas assez de livres pour couvrir son à-valoir, on n’en verra pas la couleur. Si on parle de rémunération, il va bien falloir aussi parler de la nature de l’à-valoir, du manque d’informations sur les ventes, et puis de paiements plus réguliers... »

 

Une autre illustratrice complète : « 10 % minimum, c’est une bonne revendication ! Mais, j’avoue, je sature des tables rondes… c’est bon, on connaît le problème depuis longtemps. La situation se dégrade, comment on agit ? »

 

Les actions pour obtenir les fameux 10 % ne semblent pas encore déterminées. Comment imposer un minimum dans les contrats d’édition ? Faut-il que l’État intervienne et légifère ? Lors des États Généraux tome 1, l’exemple de l’Allemagne et de ses accords interprofessionnels avait été évoqué.

 

Rien de neuf sous le soleil, donc. Attendons de voir le 4 juin ce que réservent les États généraux du livre.

 




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