Land Rover offre un livre publicitaire sur Kindle, écrit par William Boyd

Nicolas Gary - 29.04.2015

Edition - Economie - Kindle publicités ebooks - Amazon modèle économique - ressources médiatiques


Quelques rares élus connaissent le nombre de ventes précises de Kindle à travers le monde, depuis 2007, apparition du premier lecteur ebook d'Amazon. Autant d'écrans, en mesure de véhiculer des messages, au besoin, et publicitaires et rémunérateurs si possible. Pourtant, la firme de Jeff Bezos dispose d'une régie publicitaire, qui commercialise des annonces sur appareils mobiles. Tiens donc.

 

 Kindle Ad - Chicago O'Hare

publicité Kindle en 2009 J Brew, CC BY SA 2.0

 

 

A l'occasion d'une conférence organisée par le Fiancial Times, FT Digital Media, le vice-président des ventes de publicité monde, Seth Dallaire, a dévoilé comment sa société s'y prend. C'est que le Kindle sert maintenant de support promotionnel pour des marques qui ne vendent pas leurs produits sur le site d'Amazon. 

 

Ainsi, la marque a récemment collaboré avec Land Rover, pour l'aider dans la distribution d'une aventure, écrite par un auteur réputé, à travers la plateforme Kindle. « Nous avons constaté un taux d'engagement très élevé des clients, en terme de lecture. Ce n'était pas une promotion en tant que stricte publicité, mais plutôt du contenu. Et c'est l'auteur qui a créé le contenu qui a amené les clients à s'investir dans cette histoire. Ce fut un grand apprentissage pour nous », explique Dallaire.

 

Sur le territoire japonais, une expérience similaire a été menée avec Nissan, pour la création de brochures, présentées sous la forme de livres numériques, et détaillant des véhicules neufs. Actuellement, la firme tente d'établir des données pour mesurer le nombre de personnes qui ont pu lire ce texte et se rendre chez un concessionnaire automobile. Renault avait tenté une expérience similaire avec Orange, pour son Crossover, un ouvrage enrichi, sorte de 4x4 urbain, en mars 2013 – cette fois, uniquement pour iPad.

 

Pour l'instant, corporatisme oblige, Dallaire affirme que cette campagne a si bien fonctionné que la société chercherait à étendre le modèle à travers d'autres secteurs.

 

« La plupart des gens n'associent pas Amazon aux voitures. Nous n'en vendons pas sur la plateforme, mais ils font confiance à la plateforme pour exprimer des avis objectifs sur un produit ou une marque. » En somme, devenir prescripteur sur des messages promotionnels qui n'ont rien à voir avec des bannières ou des affichages. 

 

Selon eMarketer, Amazon ne disposerait que d'un infime pourcentage – 0,75 % – sur le segment de la publicité numérique. 

 

Attention : lire au volant peut provoquer des accidents

 

Sauf que les projets de régie publicitaire sont particulièrement longs à se mettre en place. La première fois qu'Amazon a dévoilé ses intentions sur ce point, c'était en octobre 2012, et Seth Dallaire était déjà en poste. Grosso modo, il s'agissait d'annonces affichées sur les écrans des Kindle, proposées pour 600.000 $ à l'époque. On sait que, depuis, ces annonces ont servi à la firme à diminuer le prix de vente de ses Kindles, justement. 

 

Sauf que, rapidement, les internautes ont trouvé le moyen de faire sauter ces affichages, et moralité, le principe n'était plus si efficace que cela. Disposer de centaines de milliers d'écrans où afficher – qui pis est, en noir et blanc, eh oui – des messages publicitaires n'était pas l'outil le plus efficace.

 

Or, en octobre 2014, derechef, la firme revenait sur ce marché, estimant que le flux publicitaire, selon Ad Age, avait généré quelque 750,9 millions $. Une paille, ou presque. Mais cette fois, on parlait plutôt d'annonces directement diffusées sur le site internet, ce qui prend une autre dimension. « Nous voulons créer une publicité qui aide les clients à s'informer et les annonceurs à se mettre en relation avec les clients de manière plus efficace, alors qu'ils font leurs courses », assurait Seth Dallaire.

 

Manifestement, l'aboutissement de ces réflexions a directement mené à la création d'ebooks publicitaires.

 

 

Land Rover Defender William Bold publicité kindle

Land Rover MENA, CC BY 2.0

 

 

Le livre évoqué par Seeth Dallaire est écrit par William Boyd, auteur d'un James Bond, Solo, qui a donc prêté sa plume à du placement de produit, pour un thriller original. Alec Dunbar se rend dans une partie de l'Écosse, au volant d'un véhicule Land Rover Defender. Mais cette aventure n'a pas qu'une simple expression textuelle, puisqu'un environnement de jeu en ligne a été constitué autour, et que l'on invite l'internaute à prendre également part au projet, avec des hashtags pour les réseaux sociaux. 

 

The Vanishing Game est bien entendu proposé gratuitement sur Amazon.com et a pris la 4e place dans la catégorie Thriller/suspens – et occupe actuellement la 961e place dans le Kindle Store Free. Il a été publié le 12 novembre 2014. « J'en ai lu un tiers, et j'ai décidé de ne pas le finir », explique un lecteur. Certain que l'opération a été si réussie ?

 

La publicité pour rendre les livres gratuits, cela rappellera sans doute le livre Milan, visites avec Léonard, que Marc-André Fournier avait proposé en novembre 2012. Une expérimentation qui se déclinait sous deux formes : les publicités contre la gratuité, ou l'abonnement, pour s'en débarrasser.