Langue française : on ne dit pas “low cost”, mais...

Antoine Oury - 26.03.2018

Edition - Société - low cost traduction - low cost français - low cost


La Commission d’enrichissement de la langue française préparerait-elle l’ouverture à la concurrence du service ferroviaire français ? Elle se penche en tout cas sur l’expression « low cost », largement utilisée dans le domaine des compagnies aériennes et de leurs offres. Toujours soucieuse de promouvoir la langue française plutôt que des locutions étrangères, elle propose une équivalence façon Molière.


ryanair invasion

(photo d’illustration, Paolo Margari, CC BY 2.0)
 

 

Dans les domaines scientifiques et techniques, plus particulièrement, les termes étrangers et surtout anglais sont nombreux et parfois sans équivalents français : la Commission d’enrichissement de la langue française, dispositif interministériel placé sous l’autorité du Premier ministre, rend donc des avis et des recommandations, avec des équivalents créés pour l’occasion ou des solutions pour éviter d’utiliser une expression étrangère.

 

Pour « low cost », la Commission revient d’abord sur la définition de l’expression : « Le principe de la stratégie low cost est de reconsidérer la structure des coûts d’un produit ou d’un service en s’attachant à mettre à la disposition des clients leurs seules fonctions essentielles », indique-t-elle. 

 

« Cette stratégie s’appuie sur une analyse de la valeur pour les consommateurs de tous les composants d’un produit ou d’un service, incluant les accessoires et les prestations complémentaires. Elle permet de proposer des prix moins élevés que ceux des concurrents grâce à la réduction ou à la simplification de ces composants. » Outre le domaine des voyages en avion, indique la Commission, la stratégie low cost est aussi mise en place par l’industrie automobile.

 

Que sont les learning centers, cette nouvelle
catégorie de bibliothèques ?

 

Pour éviter « low cost », la Commission propose, plutôt qu’un billet en classe affaires, les expressions « à coûts réduits » ou « à bas coûts ». « En revanche, lorsque des entreprises proposent des prix bas en réduisant uniquement leur marge ou commercialisent des produits bas de gamme, elles ne pratiquent pas une stratégie à coûts réduits. On peut alors parler d’un produit ou d’un service “premier prix”, “à prix réduit”, “à prix cassé”, “à bas prix”, “bon marché”, “économique” ou “vendu à prix d’appel” », précise encore la Commission d’enrichissement de la langue française.

 


Commentaires

Cela fait belle lurette que je bannis systématiquement tout terme ou expression de langue anglaise, même si "fin de semaine" surprend toujours.C'est bien au Québec, si mes renseignements sont bons, que l'utilisation de l'anglais concerne le Droit pénal? Vive le français, et on peut toujours trouver une parade pour n'importe quel mot rosbeef (oh!).
Smartwatch? Ordimontre - montre qui a des fonctions d'ordinateur

Smartphone? Ordiphone - téléphone qui a des fonctions d'ordinateur (smart en français et smart de l'anglais étant traductologiquement parlant de faux-amis.

Mail? Courriel - courrier électronique

Thriller? un frilar - polar qui donne des frissons

Design? Stylique, les professionnels de la stylique étant des styliciens, à ne pas confondre avec les stylistes du domaine conceptuel du textile et de la mode.

Dans le domaine de la finance et les bouillons d'inculture linguistique francophone que sont les écoles de commerce et de mercatique, tout comme dans les banques qui sont sous l'effet de l'évangélisation par Golmann Sachs et consorts ainsi que des pseudo-entrepreneurs des jeunes pousses silliconvalléisées, les anglicismes révèlent les angoisses profondes qui sommeillent dans le système neuropsychologique des concentrateurs de richesses financières. Cela les empêchent de se rendre compte du fait avéré par la traductologie financière moderne et progressiste que le français de la mercatique, des affaires et de la finance peut se révéler très efficace lorsqu'il puise dans le fonds francophone tant actuel que prospectif.
Pour repondre à Noël sur toutes ces personnes travaillant dans la finance, le commerce et la mercatique, il faut accepter que nombre d'entre eux se voient contraintes de jongler sans cesse avec divers interlocuteurs anglophones, de travailler sur des supports en anglais et que les reunions internationales se déroulent en anglais. On peut donc comprendre que ces travailleurs utilisent des outils qui leurs soient adaptés, à savoir du vocabulaire technique anglais...
Merci Morgazie.

En tant que linguiste d'entreprise, je soutiens évidemment toute initiative de la part des francophones pour... parler anglais ou une autre langue à leurs clients anglophones et en réunion transculturelle avec des interlocuteurs ne maîtrisant pas le français. C'est ce que j'ai fait depuis ma tendre enfance dans l'exploitation viticole de ma famille en Alsace lors des visites de clients anglophones (par exemple Hôtel Astoria et consorts) et sous l'influence de mon père, ancien membre des services secrets britanniques OSS en Hollande après sa désertion de la Wehrmacht en tant qu'incorporé de force alsacien puis en tant que fournisseur de Gewurztraminer à Buckingham Palace dans l'immédiat après-guerre grâce à son officier de liaison d'OSS, qui était marchand de vin à Londres. Alors que l'on ne me dise pas, surtout à moi ancien prof d'allemand puis traducteur chargé de travaux de terminologie, que l'on ne peut pas apprendre correctement une langue étrangère, en l'occurrence l'anglais, pour éviter de baragouiner un angliche approximatif ou un français truffé d'anglicismes idiots car obligeant les clients ou autres visiteurs étrangers à des circonvolutions neurolinguistiques complexes.



Éviter les anglicismes en français, ce n'est en aucun cas être anglophobe!



Dans un contexte situationnel francophone, on peut très bien exploiter au mieux les possibilités communicationnelles très souples, très explicites et très efficaces inhérentes à la langue française. Au Canada on y arrive bien. La France ne manque pas d'organismes sérieux pour promouvoir un français des affaires efficace. Les outils d'apprentissage de termes de spécialité à cet effet, en ligne et gratuits, ne manquent en aucun cas. L'alternance codique (en anglais: code switching) permet le recours à des termes de fonds étranger si le concept sous-jacent à ces termes n'existe pas, ou partiellement seulement, dans les arborescences idoines du fonds terminologique ou phraséologique francophone.



Le recours hystérico-snobinard à des anglicismes en langues de spécialité, tout comme le réflexe de paresse terminologique, ne doit pas occulter les salaires minables des professionnels de la pédagogie linguistique, victimes de la sous-traitance éhontée des négociants en produits linguistiques de tous types, y compris des "filiales" de l'éducation nationale du type Groupement d'établissements dont les dirigeants sont, dans bien des cas, dotés de systèmes mentaux linguistiquement plats comme, selon une expression populaire bien connue, "le cul d'un comptable". Par expérience, de tels groupements ont le réflexe de l'appel ad hoc d'enseignant-e-s au point d'ignorer ce qu'est un diagramme de planification des développements de méthodes pédagogiques ou pour la chaîne de traitement des commandes de stages de langues passées par les entreprises.



Les professionnels des sciences de la nature y arrivent bien, eux, à pratiquer leur langue de spécialité souple et explicite sans la truffer d'anglicismes. Jetez seulement un bref regard dans des revues scientifiques de vulgarisation bien connues. Pourquoi les financiers, engoncés dans leur uniforme gris ou noirs hérité de mauvaises copies des uniformes de la marine britannique à relents victoriens, devenus à partir de la City de Londres les soutanes d'une religion civile financière pervertissant celle de Rousseau, mal fagotés, dans notre pays de haute réputation en prêt-à-porter attrayant, n'y arrivent-ils pas? Se prendraient-ils pour des chevaliers modernes indifférents à l'efficacité mercatico-linguistique réellement culturelle à moyen ou long terme en se focalisant sur leurs dividendes... de demain matin dans leurs canaux occultes des logiciels boursiers automatiques d'une clarté sépulcrale? Quelques stages de formation à une langue française de spécialité de l'économie et des finances, avec un-e enseignant-e dont le salaire est correct, ne leur ferait pas de mal.   



Et pour terminer, rendons-nous compte que l'appréciation de l'efficacité du français des affaires qui soit vraiment du français ne se mesure pas uniquement à la déchetterie francophone outrancièrement anglicisée. Le cas de l'allemand est plus catastrophique encore lorsque l'on sait qu'environ un demi-siècle après l'accord franco-allemand entre De Gaulle et Adenauer et une pléthore de petit-e-s français-e- et d'allemand-e-s ayant fréquenté l'Office franco-allemand de la jeunesse puis roulé leur bosse du côté d'Érasmus, des journalistes de la télévision française s'entretiennent avec des directeurs généraux de constructeurs automobiles d'Allemagne... en anglais... charcuté comme une bavette de génisse charolaise dans une mauvaise boucherie. Au restaurant avec les clients anglophones, la carte des compétences linguistiques de nombreuses/nombreux professionnel-e-s français-e-s, notamment du point de vue phonologique et phonétique, est à revoir.



Alors en ce qui me concerne, de mon point de vue subjectif de professionnel de la linguistique d'entreprise, on est prié de ne pas prendre les enfants de Ferdinand de Saussure et les membres d'associations de promotion du français des affaires pour des canards sauvages.



Avec mes meilleures salutations,

Noël

nomu9@bluewin.ch

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