Lasse d'une prison dorée, Taslima Nasreen quittera l'Inde

Clément Solym - 18.03.2008

Edition - Société - Talisma - Nasreen - quitter


Trop à l'étroit dans ce qui est devenu pour elle « une maison d'arrêt virtuelle », Taslima Nasreenure sous le coup d'une fatwa a annoncé son intention de quitter l'Inde. Le pays qui l'avait accueillie après de nombreuses escales dans divers pays, n'avait finalement accordé qu'un visa en lieu et place du passeport qui était attendu.

L'éternelle exilée s'était vue condamnée par une Cour du Bangladesh, la contraignant à quitter son sol natal. Elle fut accusée d'avoir « délibérément » choqué les musulmans du pays, dans un livre où elle dénonçait le traitement des femmes.

Son état de santé actuel se dégradant, du fait de cet emprisonnement tacite dans un « bâtiment sécurisé » de New Delhi, Taslima est donc contrainte à un nouveau départ. « Je n'ai pas été en mesure de consulter un bon cardiologue ces derniers mois, et j'ai un très sérieux problème au coeur, explique-t-elle. J'ai véritablement besoin d'un examen médical immédiat. » Soutien médical qu'on lui a refusé, au même titre qu'elle n'a pu recevoir aucune visite.

« Je ne continuerai pas à vivre ainsi. Je dois partir pour me sauver. Je partirai probablement pour la France ou l'Allemagne. » Un voyage sous nos latitudes qu'elle n'avait pu réaliser, suite à la demande du président, souhaitant lui remettre le Prix Simone de Beauvoir. « Quand je me sentirai mieux, je retournerai en Inde, à Calcutta, et vivrai là-bas. » Mais les autorités du Bengale, dont Calcutta est la capitale préfèrent éviter les ennuis et ne désirent pas recevoir Taslima.

La situation se complique de jour en jour pour elle, sans qu'une solution à long terme ne puisse se profiler. Mais clairement, l'Inde doit être soulagée de se débarasser d'une femme aussi controversée.