Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

"Laurence Sterne, est le seul héritier de Rabelais et de Cervantès“ (Claro)

Claire Darfeuille - 12.04.2014

Edition - Société - Claro - Tristram Shandy - héritage


Pour fêter les 50 ans de l'indispensable collection GF-Flammarion, des écrivains contemporains ont été invités par la maison d'édition à préfacer leurs classiques préférés et à répondre à la question « Pourquoi aimez-vous ? » en direct du théâtre de l'Odéon. Réponse de l'écrivain et traducteur Claro à propos de Tristam Shandy de Laurence Sterne, un livre où « tout fait sens et tout scintille».

 

 

 

 

« Nous allons parler à partir de notre admiration partagée », annonce Daniel Loayza, conseiller artistique du théâtre de l'Odéon en introduction de cette conversation littéraire dans le salon Roger Blin qui abrite aussi la librairie du théâtre. «On pourrait corner chaque page», «roman de roman extraordinaire», en considération de la somme de plaisir qu'il procure « le meilleur rapport qualité-prix », avance D. Loayza, «roman sur la digression», «bouquin de cul», «livre inépuisable», enchaîne Claro qui salue «une littérature qui pense que c'est elle qui fabrique le lecteur et donc ne méjuge pas de ses compétences, qui donne tout», soit un «roman d'une grande générosité».

 

À la grâce de la lecture de plusieurs extraits choisis, on découvre quelques bribes de cette histoire d'un être arrivé au monde diminué, avec un nez écrasé, un nom estropié, tôt circoncis par une fenêtre à guillotine... Une farce, en connivence avec le lecteur auquel Laurence Sterne propose même d'acheter pour cinquante guinées la dédicace de l'auteur (page 50), tout autant qu'une réflexion sur les vies contrariées et l'art d'écrire.

 

Tout cela donc et plus encore, dans ce chef d'œuvre défendu avec ardeur sous forme d'interview dans la préface de cette réédition parue en janvier dernier dans la traduction de Charles Mauron, et sur son blog Le clavier cannibale où Claro amorce l'idée que "le roman de Sterne est une gestation permanente, dont il est probable que les multiples contractions donnent naissance à ce qui n'est rien d'autre que… le lecteur». Il y  traite aussi la délicate question de la traduction des arabesques.

 

À ceux qui ne sont pas encore nés à Tristram Shandy, il est tout recommandé de courir chez leur libraire et de visionner cette conversation entre un auteur contemporain et son illustre compagnon d'écriture à travers une œuvre où «tout fait sens et tout scintille», selon le préfacier.

 

 

 

 

Les auteurs déjà intervenus sont Jean-Marc Parisis sur La peau de chagrin de Balzac, Belinda Cannone sur Adolphe de Benjamin Constant et Delphine de Vigan sur NotreCœur de Guy de Maupassant.

 

Prochaines rencontres à l'Odéon Théâtre de l'Europe

 

Maylis de Kerangal sur A rebours de Joris-Karl Huysmans le 13 mai à 18h

 

Tzvetan Todorov sur Les âmes mortes de Nikolaï Gogol le 10 juin à 18h

 

Prix d'entrée : 6 euros, sans la location des patins.