Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Laurent Baffie : 'Seule la télévision peut créer l'empathie pour un auteur'

Nicolas Gary - 30.03.2014

Edition - Société - Académie Balzac - salon du livre de Paris - Frédéric Mitterrand


L'Académie Balzac n'a pas chômé durant le Salon du livre de Paris : la porte de Versailles a fermé ses portes aux amoureux du livre ce lundi 24 mars - retour l'année prochaine évidemment. Et dans le même temps, les préparatifs de l'émission se poursuivent. La semaine n'a pas manqué d'activité : petit point d'étape, comme à notre habitude. 

 

 


 

 

L'équipe de L'Académie Balzac s'est déplacée au Web Program Festival de La Rochelle pour parler du projet et développer ses contacts dans le domaine de la WebTV. Ce fut l'occasion de rencontrer France Télévision et le Studio 4.0 pour parler des Nouvelles formes d'écriture et leur présenter l'Académie Balzac. « De même, nous avons eu des contacts avec les responsables de la chaîne Public Senat qui ont été enthousiasmées par le projet. Or, pour le moment, deux producteurs télé s'intéressent au projet. » 

 

Durant le Salon plus d'une centaine de vidéos a été réalisée, avec quelques personnalités - Nicolas Bedos, Frédéric Mitterrand, Laurent Baffie ou encore Nelson Monfort (les premières à retrouver ici). Des profils aussi variés que peuvent l'être les candidats de l'Académie. Et pour ceux qui se demandent à quoi ressemblera une journée type au sein du château - ou pour qui croyait pouvoir passer son temps dans la piscine - voici le déroulé standard. Pas question de lambiner...

 

6 h 30 / 7 h : Réveil, petit déjeuner, préparation.

8 h : Réunion avec la directrice du château. Passage en revue des écrits de la veille. Annonce du programme de la journée. Point sur l'avancement du livre.

9 h : Session d'écriture.

12 h : Déjeuner.

13 h : Temps libre (promenade dans le bois du château, vignes, piscine…).

14 h : Session d'écriture.

17 h - 18 h30 : Intervention extérieure (éditeur, libraire, écrivain, professionnels du livre…)

18 h 30 : Bilan de la journée. Élimination d'un écrivain lorsque c'est le jour.

20 h 00 : Dîner.

Soirée : Libre / animation.

 

Sur le site, où se déroulent les procédures d'inscription, plusieurs modifications ont été apportées : le classement des cinq écrivains les plus en vogue actuellement, ainsi qu'un carrousel de selfies - c'est dans l'air du temps, non ? « La modération a été activée cette semaine. Ainsi, nous sommes en train de contrôler la validité des candidats. Certains ont rempli leur profil avec succès, d'autres ont malheureusement dû être désactivés, le temps qu'ils renseignent des informations manquantes sur leurs livres ou profil. Il est possible de voir l'état de la modération sur sa page profil dans l'onglet « Modération ». Enfin, une FAQ est en cours de rédaction pour aider les candidats à s'inscrire correctement et à valider leur profil », nous précisent les organisateurs.

 

Mitterrand, Bedos, Baffie : l'Académie suscite des réactions

 

De son côté, Henri Mojon, à l'origine du projet retient « le très bon accueil qu'ont reçu nos équipes sur le Salon du livre ». Il évoque tout particulièrement l'intervention de Frédéric Mitterrand, qui ne manquait pas de mordant : pour avoir plus d'émission littéraire à la télévision « il faudrait que les directeurs de chaînes ne soient pas des illettrés ». On reconnaîtra l'humour de l'ancien ministre de la Culture.

 

 

 

 

Laurent Baffie s'est également montré très sympathique : Selon lui « seule la télévision peut créer une empathie pour un auteur et le faire acheter un livre ». Et d'ajouter : « Les émissions littéraires sont chiantes. » Lui-même assure, avec cette provocation classique : « Je viens s'il y a une piscine et des putes ».

 

 

 

 

Suffisant, vulgaire, mais drôle, conforme à son personnage, Nicolas Bedos était plus réservé - c'est le moins que l'on puisse dire. « La majorité des gens n'achète pas de livre », à cette exception près qu'une étude CNL/SNE a montré que 70% des Français ont lu un livre ces 12 derniers mois. Mais pour Nicolas Bedos, la messe est dite : « L'idée est ridicule, la littérature doit rester noble. » Parce qu'en faisant de la télévision, M. Bedos se vulgarise ?

 

 

 

 

« L'idée ridicule est que la littérature ait le moindre rapport avec la noblesse, mais cela en dit long sur l'auteur. La littérature est un art majeur, ce qui veut dire qu'il nécessite une initiation pas qu'il est réservé à une élite (Serge Gainsbourg à Apostrophe, émission populaire). L'enjeu de l'Académie Balzac est bien de développer le goût de la lecture "des masses" pour reprendre l'expression de Nicolas Bedos. Tiens encore une jolie fille qui passe "Bonjour", l'oeil pétille, toutes les dents sont là, il manque le wesch et le tsii avec la langue sur les dents », rétorque Henri Mojon.

 

« Le rapport du CNL et du SNE pose la question : comment développer le le goût de la lecture. La télévision a récemment suscité de nombreuses vocations chez les Français, la cuisine, la décoration, le bricolage, le jardinage, le voyage. Alors, on peut raisonnablement affirmer que l'Académie Balzac saura développer le goût de la lecture. »

 

Les inscriptions pour les auteurs sont toujours ouvertes.