Le bénéfice des librairies augmente au Québec

Louis Mallié - 17.04.2014

Edition - International - Québec - Hausse - Statistique


Toutes les librairies ne souffrent pas de la baisse de fréquentation. C'est du moins ce que semblent prouver les chiffres de la Banque de données des statistiques officielles québécoise. Ainsi, d'après le site québécois Le Devoir, en 2013, les ventes auraient pour la première fois depuis 2009 connu une hausse.

 

Quebec city. Funiculaire. (Si vous aimez cette photo pourquoi n'écrivez pas quelques mots?)

Luciano, CC BY 2.0

 

 

C'est une petite remontée, qui signifie peut-être même un retournement de situation. En effet, c'est une augmentation de 13,2 millions de dollars qu'ont connue les ventes de livre en 2013. Ell est d'autant plus remarquable qu'elle casse donc la diminution continuelle des bénéfices enregistrée chaque année depuis 2009. 

 

La chute des ventes avait été particulièrement remarquée entre 2011 et 2012, moment où le bénéfice total était tombé de 707 millions de dollars à 678,2… Une baisse que les spécialistes ne s'expliquent pas clairement : grèves étudiantes du « printemps érable » ? Essor des eBooks ? « C'était une situation exceptionnelle, même si cela n'explique pas toute la baisse », commente Benoît Allaire, conseiller recherche culture et communication de la Banque de données des statistiques. 

 

Le montant du bénéfice enregistré en 2013 est donc de 691,5 millions de dollars. La remontée la plus nette se fait du côté des librairies, dont le bénéfice a connu une hausse de 8,3 millions de dollars en 2013. « Ce sont les librairies à succursale qui ont eu une augmentation des ventes », précise M. Allaire. Effectivement, celle-ci a engrangé 7,2 millions de plus, laissant tout de même une augmentation de 1,1 million aux librairies indépendantes.  Les ventes des éditeurs scolaires ont également tiré la tendance vers le haut, remportant près de 3 millions de plus qu'en 2012. 

 

Les « perdants » de cette remontée sont les grandes surfaces pour lesquelles bénéfice continue de stagne : au total, 390 389 $ de plus que l'an dernier. Inutile de préciser que la somme est dérisoire... La stagnation semble pouvoir s'expliquer par le simple fait que leurs ventes sont encore largement tributaires des best-sellers - ouvrages dont une part de plus en plus importante des ventes se fait en format numérique.

 

Quoi qu'il en soit, « le marché des librairies est si fragile, et les chiffres auraient pu être si désastreux, qu'on peut applaudir cette petite augmentation »,  a commenté Katherine Fafard, la directrice générale de l'Association des libraires du Québec. Et de souligner que malgré tout, outre la fermeture de quatre librairies cette année, l'augmentation du bénéfice des libraires indépendants ne représente que 0,5 %,... quand les dépenses inhérentes aux loyers ou aux salaires ont elles, grossi de 2 %...  « D'où toujours, la fragilité », a-t-elle ainsi tenu à rappeler.