Le Brésil insulté dans un livre demande des excuses aux États-Unis

Clément Solym - 31.08.2011

Edition - Société - levy - excuses - bressil


Qui aurait cru qu’un simple roman pouvait de nos jours causer une tension diplomatique ? Sans sous-estimer le pouvoir des mots, le gouvernement brésilien serait sur le point d’envoyer une lettre à l’ambassade américaine du Brésil pour demander aux pays de présenter ses excuses.

L'outrage ? tout simplement la publication cet été d’un livre nuisant à l’image du pays, informe le Publishersweekly en citant le journal le plus important du Brésil, O Globo.


Seven Days in Rio, écrit par l’américain Francis Levy et publié chez Two Dollar Radio, dresserait un portrait beaucoup trop négatif du pays et de ses habitants, selon la secrétaire de l’organisme en charge du combat contre la violence envers les femmes, Aparecida Gonçalves, également à la tête de la réclamation d’excuses officielle. Elle souligne que les Brésiliens devaient « être bien traités, même dans la fiction ».

Seven Days in Rio est un roman satirique racontant l’histoire d’un comptable américain qui tente d’entamer une relation sérieuse avec une prostituée dans la deuxième plus grande ville du Brésil. Roman plutôt bien reçu par la critique aux États-Unis, de la part de journaux tels que le New York Times et Vanity Fair. Bien que Francis Levy affirme ne jamais s’être rendu au Brésil ni avoir effectué des recherches à ce sujet, faut-il pour autant le condamner ?


Si la version papier du livre n’est disponible qu’aux États-Unis et au Canada, l’éditeur Eric Obenauf a annoncé qu’une version numérique serait bientôt disponible pour les Brésiliens, uniquement en anglais. « Nous voulons que les gens lisent ce livre et jugent par eux-mêmes » a-t-il souligné à O Globo, et c'est tout à son honneur.

Le Brésil, « terre de contraste » entre la splendeur de ces carnavals et la misère des favelas, n’a pas que des belles plages ensoleillées, de jolies danseuses de samba et des footballeurs talentueux à offrir, de toute évidence.

Par cette censure indirecte, le gouvernement brésilien, donneur de leçon, agit sans conteste dans la démesure politique et porte atteinte aux droits fondamentaux de la liberté d’expression artistique et littéraire de toute démocratie.

Obama, après avoir donné en mars dernier la transition du Brésil vers la démocratie dans les années 1980 en "exemple" au monde arabe révolté, doit s’en mordre les doigts.