Le Budget Culture 2015 : une priorité du gouvernement, rognée

Clément Solym - 01.10.2014

Edition - Economie - budget Culture - Fleur Pellerin - édition livre


Dans le cadre du projet de loi de finances 2015, la ministre de la Culture a clairement montré la direction : avec 7 milliards d'euros de prévisionnel, la rue de Valois semble quitter une période « de rigueur accrue », alors appliquée à « l'ensemble des dépenses de l'État ». Une manière, estime le ministre, pour le gouvernement de marquer « la priorité qu'il accorde à la culture et la communication ». Diantre. 

 

 

Treasure Chest

Tom Garnett, CC BY 2.0

 

 

Pourtant, et en dépit de la logique de communication, il semblerait que le budget de la Culture soit bel et bien revu encore à la baisse. Pour 2014, le budget était fixé à 7,26 milliards €, déjà en chute de 2 % en regard de 2013, qui accusait la même diminution. Avec 7 milliards €, ce sont donc 260 millions qui semblent faire la fille de l'air. Ce qui n'empêche pas la Culture d'assurer que  

les crédits consacrés à la Culture, la recherche culturelle, le livre et les industries culturelles, hors presse et sociétés de l'audiovisuel, s'établissent pour 2015 à 2,96 Md€ (+0,4%) et sont ensuite stabilisés jusqu'en 2017

 

Si l‘on ignore encore quels seront « les redéploiements et les choix opérés », la rue de Valois promet de « mettre en oeuvre les priorités de la ministre ». Dont chacun attendait impatiemment de savoir ce qu'ils concernent. C'est chose faite, dans un programme assez complet. 

 

Pour la jeunesse et l'éducation artistique et culturelle, 10 millions € de crédits nouveaux hors investissement sont prévus, « dont 2,5 M€ pour l'éducation artistique et culturelle (soit +10 M€ et +33% en trois ans) et 7 M€ pour l'enseignement supérieur culturel ». Par ailleurs, le ministère constate que « les marges de manœuvre dégagées par la fin du chantier de la Philharmonie et l'avancement du chantier de la Bibliothèque nationale de France sur le site de Richelieu permettent de dégager près de 36 M€ de capacité d'investissement supplémentaire ».

 

Pour les monuments historiques, en moyen de paiement, on conservera 312 millions € et les opérateurs culturels et du patrimoine disposeront d'un peu plus de 10 millions €, soit une légère revalorisation. « Les politiques en faveur du livre, de la lecture et des industries culturelles, notamment musicales, voient leurs crédits progresser de près de 7 M€  (+2,6%) », explique enfin le ministère.

 

 

Le Budget Culture 2015 : une priorité du gouvernement, rognée, par Louis Loche

Par Louis Loche, du Cesan (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Reste que, si Aurélie Filippetti parlait de baisse « sans précédent » dans son budget, alors qu'elle occupait la rue de Valois, on ignore comment Valois n'a pas pu constater que le budget alloué à son ministère roulait lui-même sur une pente savonneuse. « Je suis heureuse de laisser à mon successeur un budget qui va être stabilisé pour les trois prochaines années », assurait alors Aurélie Fililppetti, alors que l'on sait aujourd'hui que la baisse sera en réalité constante jusqu'en 2017.

 

Par ailleurs, si aucune communication n'en est ressortie, on sait que la ministre rencontrait le président du Syndicat national de l'édition ce 30 septembre. De quoi montrer un certain intérêt pour le livre, dont plusieurs professionnels redoutent qu'il ne soit pas véritablement une priorité pour Fleur Pellerin. Vendredi, c'est le PDG de Hachette Livre que la ministre rencontrera puis le président du Centre National du Livre, Vincent Monadé. 

 

Peut-être que les professionnels de l'édition pourront commencer à se rassurer...

 

Voici la suite du communiqué sur le budget culture 2015

 

Les crédits de l'audiovisuel public s'élèvent à 3856 M€ (+ 0,3%). La part de financement par subvention budgétaire des sociétés de l'audiovisuel est réduite à 160 M€ en 2015 (- 102 M€) et a vocation à disparaître totalement en 2017 : le financement des grandes institutions audiovisuelles sera donc à terme totalement indépendant du budget de l'État et reposera, hors ressources propres, sur la seule contribution à l'audiovisuel public. En 2015, celle-ci augmentera de 3€ en métropole et 1 € dans les outre-mer.

 

L'évolution des crédits consacrés à la presse en 2015 (255 M€) permettra à l'État d'accompagner le développement de l'Agence France Presse (+2 M€ en 2015). Les aides à la presse sont par ailleurs maintenues, afin d'accompagner les importantes évolutions à venir à tous les niveaux de la filière.

 

Dans le secteur du cinéma et de l'image animée, le gouvernement fait le choix de préserver le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) de tout nouveau prélèvement sur ses réserves et de poursuivre l'affectation sans plafonnement de l'intégralité des taxes prélevées sur le marché de la diffusion audiovisuelle aux mécanismes de soutien. Le CNC pourra ainsi recourir à ses réserves pour maintenir en 2015 le niveau de soutien, malgré une moindre perception attendue de la TST-D.

 

« La ministre de la Culture et de la Communication se félicite de pouvoir disposer ainsi sur les trois années à venir d'un budget qui lui donne les bases indispensables à un nouvel élan des politiques de la Culture et de la Communication, et avec elles, du Ministère et des personnels qui les portent, sur tout le territoire. »