Un cabinet d'avocats anti-pirate détourne plus de 15 millions $ aux ayants droit

Clémence Chouvelon - 02.07.2015

Edition - Justice - Johan Schlüter - détournement fraude - Danemark


Un cabinet d'avocats danois, bien connu pour ses activités anti-piratage, s'est rendu coupable de fraude envers ses clients de l'industrie du divertissement, et aurait ainsi détourné près de 15 millions $. Une enquête est en cours.

 

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(Tracy O CC BY-SA 2.0)

 

 

C'est une étude, réalisée par la société d'audit Deloitte, qui a révélé que l'un des trois propriétaires du cabinet d'avocats Johan Schlüter a empoché illégalement près de 15 millions $. Ce cabinet est connu pour s'occuper des affaires de la RettighedsAlliancen (L'alliance des droits), qui lutte contre le piratage. Elle représenterait près de 100.000 ayants droit danois.

 

Ce groupe, autrefois appelé Antipiratgruppen (Groupe Anti-Pirates), est célèbre pour ses actions particulièrement agressives à l'égard du piratage. Le cabinet Johan Schlüter, particulièrement impliqué dans cette lutte, a créé en 2004 DtecNet, une firme de traque antipiratage, et a développé la même année un outil pour la MPAA (Motion Picture Association of America) permettant d'identifier et de supprimer les logiciels de P2P. 

 

L'argent détourné aurait dû être distribué à des associations de l'industrie du film et de la télévision. Entre 2011 et le 30 avril 2015, au moins 15 millions $ dus à ces associations n'avaient pas été versés. « C'est profondément décevant qu'un partenaire de si longue date soit tombé aussi bas », a déclaré Klaus Hansen, le directeur de l'Association des Producteurs, au journal danois Finans

 

« Cela a violemment ébranlé notre confiance. » Les groupes concernés avaient requis les services de Johan Schlüter pour s'occuper de leurs droits. En janvier, ils avaient demandé à Deloitte de faire des recherches sur le cabinet d'avocat.

 

Le cabinet étant la copropriété de trois personnes — Johan Schlüter lui-même, Susanne Fryland et Lars Halgreen, le doute persiste sur l'identité du coupable. Selon un rapport de police, Susanne Fryland était responsable de la gestion des comptes des producteurs TV/cinéma, et est maintenant accusée de « crime économique aggravé pour gain financier ».

 

Fryland aurait été licenciée mardi 30 juin, pour détournement de fonds, fraude et abus de confiance. Les associations victimes de cette fraude vont tenter de rendre les trois propriétaires personnellement coupables de leurs pertes.

 

(via TorrentFreak