Le Canada poursuit le boycott des ebooks de Random House

Clément Solym - 03.04.2012

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Trop, c'est trop. Trop cher, s'entend. Random House a pris le pli de déplaire fortement aux bibliothécaires du continent nord-américain en augmentant exagérément les prix de ses ebooks disponibles pour le prêt (voir notre actualitté). Le Canada, par le biais de ses représentants de la presqu'île de Nova Scotia, vient de se joindre au boycott.

 

Il ne sera pas dit que Nova Scotia se sera laissée faire. Les bibliothèques de la côte sud de l'île, par le biais de leur président et conservateur en chef Troy Myers, viennent de faire savoir qu'elles n'acceptaient pas la nouvelle politique tarifaire de l'éditeur. Si les éditeurs semblent ne pas se rendre compte du mal qu'ils font à l'économie des bibliothèques, estime-t-il, le boycott aura peut-être la vertu de donner droit aux chapitres aux bibliothécaires.

 

 

« Nous ne cherchons pas la bagarre avec Random House. Nous voulons simplement qu'ils soient de bons partenaires, et ils doivent vraiment cesser de voir les bibliothèques de ce pays et d'ailleurs comme une menace. Je pense que c'est une histoire qui dure depuis des années, et nous allons en écrire le dernier chapitre », a-t-il affirmé.

 

De fait, un exemplaire de Catherine the Great, Portrait of a Woman de Robert K. Massie coûtait encore  30 $ en janvier : son prix serait passé en mars à 85 $. Les bibliothèques de le côte sud, pour faire savoir leur désaccord, ont mis en ligne une pétition sur leur site.

 

Mais dans un article de Digital Reader, Nate Hoffender analyse la situation tout autrement. Selon lui, aussi choquants que soient les prix pratiqués par Random House sur ses ebooks destinés au prêt, la situation n'inquiéterait pas la majorité des bibliothécaires. « Je suppose que nombre d'entre eux pensent aux autres grands éditeurs comme Penguin, Macmillan, ou Simon & Schuster... Vous savez, ceux qui n'autorisent pas du tout la présence de  leurs ebooks en bibliothèques ».

 

Le boycott s'étendra peut-être au reste de la région, car entre-temps les bibliothécaires de la côte sud discuteront avec leurs interlocuteurs partout dans le pays.