Le Canada reste un pays de grands lecteurs - et l'ebook se développe

Nicolas Gary - 24.07.2014

Edition - International - Canada éditeurs - livres lecteurs - ebook internet


Le marché du livre, au Canada, a connu une année 2013 avec des ventes d'imprimés en léger retrait, mais des ventes ebooks qui se poursuivent. L'International Publishers Association a sollicité Kate Edwards, de l'Association of Canadian Publishers,  Karine Vachon (Association nationale des éditeurs de livres) et Shannon Culver (Ebound Canada), pour faire un tour d'horizon.

 

 

Salon du Livre de Montréal 2006

Salon du livre de Montréal

meantux, CC BY NC 2.0

 

 

Sur 2013, le marché s'est réparti en 33,3 % de ventes jeunesse, 31,2 % en non fiction et 32,7 % en fiction. Deux genres ont connu un intérêt particulier, la non fiction jeunesse et les biographies/autobiographies. De même, thrillers, biographies et poésie ont plus généralement connu un certain intérêt. 

 

Les acteurs canadiens pointent trois défis majeurs, identifiés par une étude du ministère du Patrimoine : 

  • la femerture des établissements de brique et mortier
  • la réduction de l'espace alloué aux livres dans les magains
  • le coût de développement de l'ebook

 

Si les éditeurs disposent d'un crédit d'impôt de 20 % remboursable, le secteur a été « considérablement endommagé », par l'ajout d'une exception au droit d'auteur dans le cadre de l'éducation. Cette modification législation, survenue en 2012, a empêché les éditeurs de renouveler certaines licences d'utilisation. 

 

Les Canadiens, en dépit de la fermeture de nombreuses librairies, restent de grands lecteurs. Quatre personnes sur cinq sont des lecteurs et 23 % d'entre elles passent leur temps de loisir à lire. En outre, la hausse d'utilisation d'appareils de lecture favorise cette bonne santé. 

 

Selon une étude de BookNet Canada, le marché numérique représente 17 % des ventes de livres sur le pays. Plus de 13.000 ouvrages canadiens (en français), sont désormais disponibles. « Les éditeurs canadiens indépendants sont confrontés à des défis pour ce qui est de renforcer la découverte de leurs livres dans les boutiques en ligne. Ils utilisent efficacement les médias sociaux et les autres outils de marketing numériques », assure-t-on. 

 

En parallèle, le marché de l'autopublication, par les initiatives de Kobo ou Wattpad, continue son développement. Cette dernière société serait d'ailleurs assez prisée, notamment dans les domaines de la science-fiction, de la fantasy et de la romance. Et les auteurs indépendants commencent maintenant à décrocher des contrats chez des éditeurs traditionnels. 

 

Faisant cavalier seul jusqu'à lors, ils ont su mettre à profit les outils numériques pour gérer leur médiatisation et la saine diffusion des métadonnées. Enfin, l'Union des écrivains du Canada a ouvert ses adhésions aux auteurs autopubliés, observant une certaine évolution vers l'auteur hybride - publiés classiquement et de manière indépendante.

 

Au rang des dernières initiatives, on met en avant 49thSelf.com, projet développé par l'Association of Canadian Publishers et le Canadian Publishers' Council. Elle dispose de 75.000 titres en catalogue, sur un site entièrement dédié à la promotion des oeuvres, avec un travail éditorial, des interviews et des recommandations de lectures. 

 

Le marché du livre canadien se tournera dans les années à venir de plus en plus vers l'exportation au niveau national, solution primordiale pour les éditeurs anglais et français. Ce pan du commerce offre manifestement de larges solutions de développement. Il restera également à fortifier une offre de prêt en bibliothèques - universitaires ou publiques - afin d'assurer un meilleur accès aux oeuvres. « Les éditeurs canadiens recherchent activement les moyens de développer le secteur de l'ebook et construire une vraie part de marché numérique. »