Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le Canadien Indigo prend ses fournisseurs au dépourvu

Clément Solym - 10.04.2012

Edition - Librairies - Indigo - Fournisseurs - Droits coopérative


Une mauvaise surprise attendait les partenaires d'Indigo Books & Music depuis plusieurs jours. Le libraire canadien n'a informé qu'hier ses fournisseurs que les droits de coopérative avaient été augmentés passant de 4 à 5 % pour les livres vendus en magasins et en ligne, et ce, depuis le 1er avril, toutes blagues exclues. 

 

Bien qu'Indigo se refuse à tout commentaire auprès des médias, le Quill and Quire a réussi à se procurer une copie du courriel du libraire adressé à ses partenaires (éditeurs et distributeurs). On apprend ainsi que pour justifier cette augmentation, Indigo met en avant un test effectué dans plusieurs librairies de la chaîne sur les ventes des livres en fonction de leur emplacement. 

 

 

 

« Le test consistait à surveiller le succès commercial d'une série de titres selon leur emplacement. Si les performances d'un titre étaient mauvaises, il était remplacé par un autre (la priorité étant donnée aux titres de la même maison d'édition que le précédent). L'effet immédiat fut une amélioration des ventes dans les magasins concernés. », explique le courriel.

 

La plupart des fournisseurs ont exprimé leur surprise face à cette annonce et jugé que l'explication fournie par Indigo n'était pas satisfaisante. Selon le Quill and Quire, cette mesure n'est pas appréciée des éditeurs et distributeurs qui dénoncent une baisse des commandes de livres et une augmentation des invendus.  

 

« C'est une réduction des profits pour les éditeurs et une preuve qu'Indigo ne souhaite nullement travailler avec les éditeurs canadiens », commente la directrice de l'ACP, Carolyn Wood.

 

Une décision qui semble sans appel, alors qu'Indigo a refusé de négocier avec l'Association des éditeurs canadiens (Association of Canadian Publishers, ACP) et également refusé d'assister à la réunion de l'association en février dernier.

 

Auparavant, les éditeurs et les distributeurs devaient payer des frais fixes pour la promotion de titres particuliers en librairie. L'an dernier, ce système a été remplacé par une surcharge générale sur tous les livres vendus par la chaîne de librairie, dans le but de pouvoir assouplir l'offre en fonction de la demande. La conséquence directe de cette réforme fut une réduction importante des espaces de présentation des livres en magasin.