Le Chèque Livre au secours de l'édition universitaire

Clément Solym - 07.09.2011

Edition - Société - edition - universitaire - etudiants


Le marché du livre universitaire souffre. En tout cas, il alarme, selon les curseurs dévoilés par une étude Ipsos réalisée avec le groupement des éditeurs universitaires du SNE.

Le Syndicat fait ainsi part de ses inquiétudes, et des remèdes à mettre en place pour les apaiser.

Historique d'une chute presque libre

D'abord, les constats : entre 2006 et 2010, on découvre une baisse des ventes de 15 %, de 104 millions € à 88 millions €, concernant les ouvrages universitaires, à l'exception des codes juridiques.

D'autre part, les ventes de livres en ligne sont passées de 7,5 % à 21 % sur la même période, sans que cela ne joue sur une tendance résolument à la baisse. D'ailleurs, les librairies physiques ont connu une chute de 28 % des ventes sur la période.


Université Paris VII

Enfin, les budgets d'acquisition sont mis en cause, les bibliothèques universitaires ayant opéré des coupes nettes. Ainsi, pour un étudiant, 45 € étaient dépensés en 2008, contre 140 € au Royaume-Uni. Et pourtant, durant la période concernée, le nombre d'étudiants a augmenté (+ 2,7 %) alors que le prix des livres universitaires a diminué de 5 % - 20,1 € en moyenne.

Pour le SNE, la problématique est simple, car « miser sur des contenus et sur des ressources numériques gratuits, mais non validés scientifiquement, contribue souvent à l’université – surtout au niveau licence – à favoriser un apprentissage fragmentaire, déstructuré et à faible impact pédagogique, par opposition à la lecture linéaire, construite et scientifiquement contrôlée par l’auteur et par l’éditeur ».

On pourra accéder à une synthèse de l'étude, à cette adresse.

Construire une alternative

La préoccupation des éditeurs du groupe universitaire est donc grande. Et que ce soit en papier, comme en numérique, le livre doit retrouver sa place. De là, l'idée avancée : le Chèque Livre étudiant, qui regroupera tous les acteurs du marché : décideurs politiques, conseillers régionaux, directeurs des établissements, bibliothécaires et documentalistes, enseignants, étudiants, parents, libraires.

« Replacer le livre au centre de l'acquisition des connaissances et de la réussite », c'est donc l'intention déclarée du Syndicat national de l'édition pour cette nouvelle année. Énumérant différents facteurs essentiels dans la diffusion des savoirs, pour l'enseignement supérieur, le SNE rappelle que « l'accès au livre est le premier outil de démocratisation du savoir ».

On ajoutera : l'accès au livre, sous tous ses formats - et si possible sans DRM.

L'aventure du Chèque livre

« Dans un contexte économique difficile pour les étudiants, le prix moyen du livre universitaire en France reste abordable à 20,20 € en 2010, comparé à d’autres pays européens : 40 € en Allemagne par exemple, 54 € en Angleterre ou 56 € aux États-Unis. Mais son coût en freine toutefois la recommandation par les enseignants au nom de l’égalité des chances et en limite l’achat par les familles. »
Le Chèque Livre pour l'enseignement supérieur serait ainsi destiné « notamment » aux élèves qui entament leur première année de licence, dans le cadre de leur cursus post-bac. Plus de 2,3 millions d'étudiants se sont inscrits en 2009.

Le Chèque-livre est un système contribuant à l’égalité des chances qui a déjà fait ses preuves dans le scolaire et que maîtrisent les libraires. Dans un premier temps, le dispositif peut être déployé aux étudiants boursiers de première année de licence, ou toute autre modalité d’attribution.

Sous la forme d’un carnet de chèques papier, d’une carte à puce à l’identique du scolaire, ou de tout autre support, chaque étudiant se voit allouer dès son inscription dans un établissement supérieur une somme à définir pour l’achat de ses livres universitaires, papier ou numérique.

Le Chèque-Livre Sup est valable pour l’achat en librairie de tout ouvrage correspondant à un programme d’enseignement et qui vise à la réussite à un examen ou concours de l’enseignement supérieur court ou long.
Il concernera ainsi les « manuels de cours, les ouvrages para-universitaires de révision ou d’entraînement, de synthèse, les monographies, essais, dictionnaires, les ouvrages de référence et leurs contenus associés en ligne : sites compagnons, applications smartphones, etc. N’entrent pas dans ce périmètre, les oeuvres d’auteurs de littérature générale hors programme, la BD, le pratique et tout ouvrage hors du rayon universitaire des libraires ».

La réflexion est lancée, et désormais, il ne tient plus qu'aux acteurs engagés d'y donner suite.

Retrouver en détail, le projet Chèque Livre Sup.



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