Le Wi-Fi banni des espaces jeunesse des bibliothèques parisiennes

Antoine Oury - 06.07.2015

Edition - Bibliothèques - loi Abeille - jeunesse - Paris


Le Comité d’Hygiène, de sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) de la Direction des Affaires culturelles (DAC) de la Ville de Paris s’est déclaré à l’unanimité en faveur de la déclinaison de la loi Abeille dans les espaces jeunesse des bibliothèques de la capitale. La loi Abeille, qui tire son nom de la députée du Val de Marne Laurence Abeille, a été adoptée en février dernier, et vise à modérer l’exposition du public aux ondes électromagnétiques, dont le Wi-Fi.

 

NO WIFI

(Newtown grafitti, CC BY 2.0)

 

 

La technologie sans fil a rapidement intégré les espaces privés comme publics, mais des interrogations — et des polémiques — persistent quant aux effets des ondes radio qui permettent de relier plusieurs appareils entre eux, ou d'accéder à Internet. Les personnes qui présentent une électro-hypersensibilité, notamment, sont particulièrement exposées, et des effets secondaires peuvent également se faire sentir chez les autres usagers, comme des maux de tête ou des troubles de la concentration.

 

Adolescents et enfants sont plus sensibles aux ondes électromagnétiques, et la loi Abeille vise donc à prévenir tout problème sanitaire : l'interdiction du Wi-Fi dans les crèches et sa limitation dans les écoles faisait partie des mesures de la loi Abeille.

 

Les espaces jeunesse des bibliothèques parisiennes ont adopté cette mesure de précaution, et le filaire sera donc préféré aux connexions sans fil dans les espaces accueillant des bambins, dans un souci de « baisse générale de l’exposition aux ondes ». L'avis adopté lors du CHSCT précise que « tant pour le personnel que pour les usagers doivent exister des lieux publics et des lieux de travail qui protègent les personnes électro-hyper sensibles et ne les excluent ni de la vie professionnelle, ni de la vie sociale ».

 

Des « zones blanches », préservées des ondes, pourront également être mises en place au sein de l'administration parisienne.

 

La question d'une protection des usagers avait été évoquée en février dernier par la Bibliothèque nationale de France, qui évoquait la mise en place du Wi-Fi dans certains espaces de travail, pour relancer une fréquentation moribonde. Les organisations syndicales de l'établissement ont toutes voté contre l'installation du WiFi, et l'établissement devrait prochainement présenter des solutions intermédiaires, pour offrir ce service aux usagers tout en préservant la santé des agents, exposés toute la journée aux ondes.