Le Club de lecture d'Oprah Winfrey attaqué pour violation de brevet

Clément Solym - 08.01.2009

Edition - Justice - violation - brevet - club


Le Patent troll, c'est un métier d'avenir : dans le secteur de la propriété industrielle, le brevet sert d'incitation à la découverte, autant que de protection de cette dernière. Mais voilà, certaines boîtes en ont fait leur modèle économique : en achetant des brevets, elles attaquent les sociétés qui pourraient user d'un de ces brevets et jouent sur le compromis et l'arrangement à l'amiable.

Pour s'épargner la lourdeur d'un procès, une firme préfère en effet souvent recourir à la négociation, plutôt que de risquer d'être juridiquement reconnue comme violant un brevet. Ça, c'est dit.

Maintenant, en quoi le Club de lecture d'Oprah Winfrey peut-il violer un brevet ? Illinois Computer Resarch, poursuit en effet la société de production Harpo pour violation du brevet 7111252, qui décrit une méthode de représentation d'un contenu en 3D d'un produit. Plutôt vaste comme définition. Ce dernier permet plus précisément d'afficher des extraits d'un livre numérique avant de l'acheter, mais empêche le lecteur de consulter le livre dans son ensemble avant l'achat. C'est mieux. Mais là encore, quid d'Oprah ?

Il est possible que certaines fonctionnalités du site d'Oprah permettent ce type de prévisualisation d'extrait, mais on croirait plutôt avoir affaire à ce que Google Books pratique. D'ailleurs, Google a déjà été poursuivi par la société ICR... et l'affaire s'est bien entendu réglée à l'amiable. En fait, le simple fait d'inciter les consommateurs qui se rendent sur le site d'Oprah Winfrey et consultent un livre avant de pouvoir l'acheter serait la base de la violation dudit brevet...

On croit rêver.

Sauf que Sony et son Reader sont également attaqués, pour la violation du brevet 252. The Prior Act qui relate l'histoire fait d'ailleurs l'inventaire des différentes affaires qui ont opposé ICR à d'autres contrevenants... Stupéfiant...