Le Club de lecture de Bertelsmann, historique et dépassé

Clément Solym - 01.07.2014

Edition - Economie - Bertelsmann club - lecture abonnés - clients Allemagne


Le club de lecture de Bertelsmann fermera ses portes, alors que dans le même temps, les activités en Allemagne, Autriche et Suisse cesseront fin 2015. Toute une migration vers l'environnement numérique, mais également un adieu au Der Club, qui avait été au coeur de l'activité originelle de l'éditeur allemand. Un modèle ancien, explique Sarah Simon, analyste chez Berenberg Bank, et qu'il fallait remplacer.

 

 

Books

edtgraff, CC BY NC SA 2.0

 

 

C'est dans les années 50 que Reinhard Mohn invente le Bertelsmann Lesering, le cercle de lecture, en s'appuyant sur un boom économique dans l'Allemagne d'après-guerre. La livraison à domicile permet de contenter les besoins et de satisfaire pleinement la demande. En 1964, il ouvre son premier magasin avant de s'étendre dans tout le pays, et profitant du modèle Club de lecture, la société repose sur une vente massive à des clients fidèles.

 

En 1992, 300 boutiques étaient ouvertes, avec 7 millions d'inscrits - aujourd'hui, seules 52 d'entre elles sont toujours ouvertes, et le chiffre d'affaires continue de dégringoler, à moins de 100 millions € contre 700 millions € au coeur des années 90. 

 

En dehors des expansions en Ukraine et en Russie, et une participation à 50 % en Espagne, le groupe ne dispose plus que d'un million de membres. Et pour les 520 employés actuels, on s'oriente vers le plan social.

 

Avec lucidité, l'analyse considère que faire face au modèle de livraison d'un certain Amazon, aujourd'hui, est trop compliqué pour un simple modèle de club de lecture. Les Allemands sont devenus de grands consommateurs d'internet, et l'an passé, 1,6 milliard € ont été dépensés sur la toile pour l'achat de livres, soit 16,3 % de l'ensemble du CA de l'édition. Et près de 70 % des commandes étaient passées par Amazon, en papier ou numérique. 

 

Avec une grande partie du chiffre d'affaires qui aujourd'hui provient des services de télévision, de l'édition, l'entreprise Bertelsmann cherche à gagner des parts de marché dans le monde de la publicité, principalement. 

 

La fusion avec Pearson, pour la création du consortium Penguin Random House, est un effet de levier, pour être justement en mesure de mieux négocier les discussions avec les gros revendeurs en ligne. La vente directe aux consommateurs n'est clairement plus dans l'ADN d'un groupe international, dont le savoir-faire logistique n'est désormais plus à la pointe. (via Wall Street Journal)