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“Le commerce du livre est malade” : 4 propositions pour changer la filière

Clément Solym - 14.05.2020

Edition - Economie - filière livre France - commerce livre malade - édition industrie changements


Deux collectifs, d’éditeurs et de libraires, viennent de signer dans Le Monde des textes appelant à un changement dans le monde du livre. Deux Appels, pour repenser la filière et lui donner une nouvelle impulsion, après la phase de confinement vécue, dont les répercussions restent encore sources de nombreuses interrogations. 

Livre Paris 2016
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

D’un côté, le collectif Edition année zéro, réunissant nombre d’éditeurs indépendants, de France, de Suisse ou de Tunisie. De l’autre, des librairies françaises. Au cœur de leurs commentaires, la dénonciation d’un modèle pour le livre mis en place « à l’époque archaïque où la France [en] produisait quelques milliers ».

Parce que le « commerce du livre est malade » et que la crise sanitaire « peut et doit permettre une remise à plat du fonctionnement d’une chaîne du livre qui en réalité ne satisfait plus qu’une dizaine d’acteurs », voici qu’ils lancent quatre propositions.

Ces dernières n’iront probablement pas dans le sens de ces acteurs « puissants économiquement, mais bien loin d’être représentatifs d’un secteur et vraisemblablement peu porteurs de son intérêt général ». 

Simplement, elles visent à instaurer un monde meilleur, expliquent-ils dans leur une tribune.

Les quatre propositions sont les suivantes : 

Instaurer un fonds qui servirait à rémunérer les auteurs en dédicaces, en établissant une taxe sur le pilonnage de livres.

Envoyer des offices (service de presse), pour le fonds, et plus uniquement pour les nouveautés. Et dans le même temps, supprimer les remises de 5 % que les points de vente peuvent octroyer aux particuliers. Mais également celles pour les collectivités dans le cadre de marchés publics.

Créer un tarif postal pour le livre, demande devenue récurrente durant le confinement. 

Produire une remise minimale pour les libraires.

ActuaLitté reviendra plus en détail sur ces propositions dans un prochain article.


Commentaires
bonjour, moi je dis ,non les 5Þ réduction sur le livre c'est très appréciable, hors dans cette chaine du livre ,il y a des gens qui se gavent et se goifrent ,distributeurs et diffuseurs le libraire touche 33% c'est plus qu'un auteur qui a galéré pour trouver des photos a réaliser et cet auteur ne touche que 8% c'est une misère 33% pour l'imprimeur 25% pour l'éditeur il y a un sacré malaise dans ce milieu, exemple si une banque me donne plus je vais placer mon argent ailleurs ,hors la c'est différent l'auteur est un kleenex dans le livre photos , on ne voit quedes éditeurs de livres jeunesse ou romans car il est plus facile de faire des romans que du livre photos , je suis auteur photographe ,je refuse des éditeurs ,oui car ils sont malsains ,il y a très peu de gens bien dans cette jungle ,dailleurs déçu de ce milieu barbare
Je vais peut-être dire une bêtise mais la suppression de la remise pour les particuliers ne va t-elle pas en amener un certain nombre prendre le virage du e-commerce? Je soutiens la chaîne du livre, je sais que malgré tout, je ne prendrai pas ce virage-là, c'est une conviction que j'ai et même si, paraît-il, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je veux bien l'être sur ce point. Je suis convaincue de la nécessité des acteurs de la chaîne du livre, de leur compétence et je résiste.



Courage à tous et toutes !
Bonjour Nouch. La personne qui vous répondrait le mieux ne peut être qu'un libraire. Mais, discutant avec de nombreux libraires, plusieurs m'ont dit que les cartes de fidélité à 5% ne leur ont pas apporté de nouveaux clients, n'ont pas augmenté le panier des clients... mais leur ont coûté 5 % du chiffre d'affaires sur une partie de leurs ventes. Donc, abroger complètement les 5%, partout, c'est un levier qu'il faut envisager. Après, c'est aux libraires de décider, à la fois dans leurs établissements, et dans leurs instances représentatives. grin
Vous croyez sérieusement qu'avec des taxes et des tarifs postaux réduits vous allez vendre plus de livres ? Vous êtes sérieux ?
Bonjour,

Je vous remercie de votre message. Je suis un des éditeurs signataires de cette tribune. Je ne vous réponds pas en tant que signataire, toutefois, car je ne suis pas légitimé à le faire. Je vous réponds uniquement en tant qu'éditeur indépendant qui pense, comme beaucoup, qu'un tarif postal du livre serait bénéfique, directement, aux maisons d'édition et, indirectement, à la chaîne. En dix ans, le prix du pli postal a plus que doublé. Pour une maison indépendante, cela signifie que les frais postaux représentent parfois 20 000 euros annuels. Or, c'est peut-être le seul poste de dépenses sur lequel on peut envisager de faire des économies. Car les libraires, les journalistes, les blogs, les bibliothèques, ont besoin de recevoir des services de presse, et les sollicitent, pour être informés de l'activité des maisons d'édition. Une telle mesure structurelle redonnerait un peu d'air à beaucoup de maisons.
Bonjour David,



Je suis d'accord sur le constat : c'est sans doute le seul poste où une économie soit possible.

Mais pourquoi le faire porter sur les épaules de la société ? Pourquoi la livraison d'un livre devrait être portée sur les finances publiques ? Pourquoi pas aussi les vêtements ? L'électronique ?

Je conçois que vous en aillez envie, qu'éventuellement le consommateur y gagnerait (mais honnêtement, c'est douteux... Le consommateur a déjà Amazon ou la FNAC en livraison gratuite). Donc il s'agit surtout de votre gagne-pain. C'est respectable, mais pas au détriment des autres.

Alliez-vous tous, créez un consortium de TOUS les éditeurs, et vous aurez votre nouveau tarif comme Amazon (sans doute autour d'un euro) que vous serez libre (ou pas...) de dissimuler dans votre prix de vente (ou d'augmenter votre prix de vente d'un euro pour faire semblant d'un envoi gratuit... comme bien des produits chez Amazon).

Je pense que votre combat gagnerait en crédibilité.
Merci Toto.



Je crois que vous m'avez mal compris.



Les frais postaux importants dont s’acquittent les maisons d'édition ne sont pas pour expédier des livres aux lecteurs et lectrices. Mais pour expédier des livres aux prescripteurs du livre : libraires, journalistes, blogs, etc. Nous ne parlons pas ici du stock commercial.



Pourquoi cela devrait-il être assumé collectivement ?



C'est une revendication ancienne. Car beaucoup de pays ont mis en place ce tarif. Car la presse possède un tel tarif. Car ce tarif, à l'international, existe. Pour vous donner un exemple : si j'envoie un livre de Lille à Tokyo, cela coûte 1,65EUR, si mon correspondant le renvoie à Tourcoing, cela coûte 1,65EUR... mais si j'envoie mon livre de Lille à Tourcoing, cela coûte 6,85EUR...



Enfin, ces jours-ci, il ne vous aura pas échappé que certains secteurs de l’économie glissent lentement mais sûrement vers la faillite. Imaginer des mesures qui permettraient de redonner de la trésorerie à des entreprises, sans pour autant basculer dans une économie étatisée, cela me paraît assez sain. Car, le jour où des libraires, des maisons d'édition, vont s'effondrer à la chaîne, ce sera bien plus au détriment des autres : disparition des recettes fiscales, chômage, baisse de la consommation, récession. smile
Merci David pour ce complément.

Je ne comprends pas l'envoi aux libraires. N'est-ce pas le rôle du diffuseur ?

En ce qui concerne la Poste en France, je pense que le combat est difficile. Si le tarif est si peu cher à l'international, c'est qu'il existe une concurrence (ce n'est pas toujours un gros mot !) et que le prix est celui qui permet à tout le monde de trouver son compte.

La Poste est en faillite, écartelé entre un service public qu'elle n'assume plus et une volonté de « faire comme le privé » sans en avoir ni les moyens ni la saine concurrence. Bref, c'est pipé.

Je ne suis pas contre une mesure temporaire, destinée à relancer l'économie et aider les entrepreneurs (ceux qui, finalement, quand on y regarde de près, ont été les seuls à se bouger pendant la crise et à faire avancer les choses), mais pas forcément avec des mesures qui seront pérénisées et donc préjudiciables à terme.

Un tarif postal pour le livre ? Pourquoi pas. Mais alors réformons la Poste avant...
Bonjour Toto.



Le rôle du diffuseur est d'amener une information aux libraires pour les aider à passer leurs commandes de nouveauté - et à enregistrer les commandes. Les diffuseurs font bien ce travail. Et je suis très content de ma diffusion.



Mais, lors de cette prospection, les libraires vont dire : je voudrais bien recevoir tel livre en service de presse, pour le lire et savoir si je le défends. Or, en France, celles et ceux qui vendent les livres, ce sont les libraires. On sait qu'un libraire qui a aimé un roman peut en vendre des dizaines. Donc, le diffuseur fait remonter ces demandes à la maison d'édition, qui décide, oui ou non, de les satisfaire. C'est une décision qui est à sa charge. Puis, l'éditeur envoie, en espérant que le livre sera effectivement lu, aimé, et permettra des commandes.



Si vous vendez le Robert, vous n'envoyez pas de Sp, mais si vous vendez un roman et que l'auteur n'est pas encore un nom, il est difficile de renoncer à ce mode de communication à destination des prescripteurs.
Je pense que l'on s'écarte du sujet. Je me permets toutefois de vous répondre sur un point précis (la Poste) et un point général (prendre des mesures).



1/ Si le tarif international est moins cher, ce n'est pas parce qu'il y aurait de la concurrence. C'est un service de la Poste. C'est parce qu'il y a une convention internationale liant la poste. Ensuite, la Poste n'est pas en faillitte, et elle dégage sur les dernières années un bénéfice opérationnel annuel d'environ 800 millions. Certes, c'est une société endettée, mais qui paye sa dette. Quant à dire "réformons la poste", on va laisser cela pour plus tard.



2/ La mesure qui est présentée est simple, c'est un investissement. C'est une mesure qui peut redonner du souffle économique à des milliers d'entreprise et contribuer à éviter des faillites. Si même cette mesure vous paraît extravagante, je vous propose qu'on abandonne tout tout de suite, qu'on sorte l'orchestre, et qu'on joue des sérénades en regardant le navire couler. smile
-Interdire les offices sauvages

- Interdire la vente de livres en super et hypermarché

- Créer un ordre professionnel de la librairie (pour fixer une déontologie professionnelle et la faire respecter).
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