medias

Le commerce souterrain des oeuvres piratées en Inde

Clément Solym - 08.01.2013

Edition - International - Inde - Piratage - Economie souterraine


Tandis qu'au cours de l'année 2012 la Chine est le pays qui a le plus alimenté la polémique au sujet du commerce d'oeuvres contrefaites, selon de récentes études et bien que le phénomène soit quelque peu passé sous silence, l'Inde serait également très touchée par cette pratique frauduleuse. Ainsi, entre 20 et 25 % des livres seraient le fruit du piratage dans le pays. Et à Mumbai, capitale économique indienne, de jeunes garçons les vendent dans la rue.

 

 

Creative Commons (CC by 3.0)

 

 

Selon Sonia Faleiro, du New York Times : « Il a fallu attendre les années 90 pour que soient piratés les best-sellers, et aujourd'hui, ils dominent le marché noir, vendus pour un prix inférieur à la moitié du prix des éditions indiennes. Les livres très attendus comme ceux de la saga Harry Potter sont souvent disponibles le matin même de leur publication mondiale.

 

En conséquence, les livres les plus facilement trouvables à Bombay ces jours-ci ne sont pas achetés dans les librairies établies de la ville, mais à l'extérieur, là où les enfants colportent des titres brochés et emballés. »

 

Les fournisseurs d'oeuvres de contrefaçon embauchent généralement de jeunes garçons pour faire le commerce de leurs livres dans la rue, aux abords des gares et autres lieux de passage. Et compte tenu de la valeur des ouvrages, ils doivent s'attacher les services de revendeurs de confiance. 

 

Dans ce pays où le trafic à la sauvette est parfois considéré comme un tremplin de début de carrière, si les revendeurs sont ambitieux, ils peuvent devenir seths. Cette position place plusieurs autres enfants revendeurs sous leur responsabilité.

 

L'Inde possède des lois pour lutter contre la violation des droits d'auteurs, comme contre l'exploitation des enfants, mais celles-ci sont régulièrement bafouées et ces pratiques jugées comme socialement acceptables. Selon Akshai Pathak, de Publishing Perspectives, la plupart des Indiens ne seraient pas conscients du problème.

 

Ganesh, un de ces jeunes Indiens, un seth chargé de chapeauter une équipe de 15 autres garçons, a confié au sujet de son activité illégale : « Je sais que j'enfreins la loi. C'est pour ça qu'il y a des pots de vin. »