Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le contrat de traduction AmazonCrossing sera négocié à Francfort

Claire Darfeuille - 07.08.2014

Edition - Société - AmazonCrossing - traduction Amazon - contrats traducteurs


Le 13 mai dernier, l'Association des Traducteurs littéraires de France lançait un appel à Dean Burnett, responsable des traductions d'AmazonCrossing. En cause, les contrats passés entre la firme et les traducteurs, pour son service. Cette filiale entend proposer aux lecteurs la traduction d'oeuvres originales dont les droits sont détenus par Amazon. Et, pour ce faire, la filiale jouait la séduction auprès des traducteurs.

 

 

devil's contract

m anima, CC BY 2.0 

 

 

Dans le domaine des droits d'auteur, l'ATLF s'était montrée particulièrement réactive face aux conditions d'exercice du métier proposées par Amazon aux traducteurs en Europe. L'association, grâce aux informations fournies pas ses homologues allemand et italien du Conseil Européen des Associations de Traducteurs Littéraires, s'était vivement émue des conditions de travail proposées. 

Les discussions que vous avez menées avec les associations représentant nos collègues allemands (VDÜ) et italiens (STRADE) n'ayant pas permis de résoudre certains désaccords fondamentaux, nous tenons à vous redire en quoi les conditions que vous proposez sont incompatibles avec les conditions d'exercice de la profession dans nos pays. (la lettre est reproduite en fin d'article)

Et de pointer les questions liées à la cessions et exploitation de l'oeuvre, ainsi qu'au droit moral, des notions que les contrats d'AmazonCrossing piétinaient quelque peu. Surtout qu'étaient également ajoutées des interrogations autour du travail éditorial (qui doit être réalisé par une équipe dont la langue maternelle serait le français, dans le cas présent), ainsi que les clauses de confidentialité, jugées abusives. (voir notre actualitté). 

  

Négociations avec Amazon à la foire de Francfort

 

Étant donné les conditions déplorables de ces contrats, « des traducteurs aguerris n'accepteront jamais de telles conditions de travail », mais la prévention n'a jamais fait de mal. L'ATLF invite donc les traducteurs à la vigilance, même si seulement une trentaine de traductions ont été publiées en Allemagne, tandis que l'Italie ne croule pas non plus sous les sorties.

 

Un rendez-vous a ainsi été obtenu à la prochaine Foire de Francfort avec Dean Burnett, mais aucun engagement de la firme américaine sur ses pratiques. La négociation à venir sera d'autant  plus difficile que, selon Cécile Deniard de l'ATLF qui y participera en tant que représentante du CEATL, « les conditions de rémunération et de travail des traducteurs en Europe sont très disparates ».