Le coronavirus provoque un effondrement des ventes de livres en Italie

Nicolas Gary - 07.03.2020

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Si les livres de Camus et Saramago passionnent, pour leurs thématiques liées aux épidémies, le coronavirus provoque une véritable crise éditoriale. L’association italienne des éditeurs indique que les ventes ont diminué de 25 à 50 % suivant les régions au cours des dernières semaines. 

Ambiance Turin
foire du livre de Turin - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Les données parlent d’elles-mêmes, assure l’AIE dans une communication légèrement paniquée. En moyenne, les ventes ont chuté de 25 %, mais atteignent des pics de 50 % de perte dans des régions comme la Lombardie, la Vénétie ou l’Émilie-Romagne. Assez logiquement, puisque ces territoires du nord sont les plus directement confrontés à la hausse du nombre de cas. 

Selon l’AFP, citant les chiffres de la Protection civile, la maladie a provoqué 49 décès en l’espace de 24 heures — soit un total de 197 morts sur 4636 cas recensés. L’Italie serait donc le pays le plus frappé en Europe, et le deuxième au niveau mondial, après la Chine. 
 
En réaction, un comité présidentiel réuni en urgence interpelle le gouvernement, pour qu’il apporte des mesures de soutien fortes : déduction fiscale pour l’achat de livre, renforcement du fonds destiné aux familles dans le besoin, mesures d’urgence pour l’achat de manuels scolaires…

De plus, le risque d’annulation de manifestation — la prestigieuse Foire du livre de Turin, prévue du 14 au 18 mai, serait la prochaine menacée — pèse lourd sur l’industrie du livre. Il importe, assure le président de l’AIE, que les pouvoirs publics donnent des indications précises sur le devenir des événements. 

« La situation actuelle, qui laisse envisager un programme totalement bouleversé à cette heure, pour les éditeurs et les écrivains, est une source de sérieuses difficultés », insiste Ricardo Franco Levi, le président. 

La crise que traverse le pays aboutit à des données de ventes « qui parlent d’elles-mêmes ». Un bouleversement « grave et profond » alors que le pays était parvenu à relever la barre en 2019, avec une hausse des ventes en valeur et en volume, après une dizaine d’années de bufflonnes très maigres. 

« Cela est grave, non seulement pour les premières données sur les ventes, mais pour les répercussions durables, à ce jour imprévisibles, et qui, si elles ne sont pas anticipées, impliqueront : baisse de la consommation, des commandes, des tirages, des nouveautés. Avec un tel impact sur la lecture, l’urgence nationale est réelle et manifeste. »

Autrement dit : « Fa schi*o ! »


mise à jour 8/03, 11h : 

Au lendemain de notre article, le gouvernement italien annonce la mise en quarantaine pour une quinzaine de millions de personnes — dans tout le nord du Bel Paese. Musées, cinémas, mais également théâtres seront fermés, des mesures de confinement hors-normes, alors que le pays accuse le coup d’une propagation importante. 

Avec 19 morts recensés, la quarantaine déclenchée sera imposée jusqu’au 3 avril prochain, selon le décret dévoilé ce 8 mars.


Commentaires
Donc en quarantaine les Italiens ne lisent pas exclaim mad



VHEMT
Vendredi dernier sur France Culture, Mathilde Serrell examinait l'hypothèse selon laquelle le coronavirus serait un complot ourdi au profit de Netflix. En voici une preuve supplémentaire.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-theorie/la-theorie-du-vendredi-06-mars-2020
Les italiens lisent évidemment...ils ne se déplacent plus en librairie par contre...
Il semble qu'ils ne commandent pas non plus sur Internet
Il ne faut pas confondre en effet "lire" et "acheter des livres"; les deux sites littéraires que j'anime - consacrés à l'écrit bref - connaissent une hausse de fréquentation : www.recit-page.fr et www.adasapage.fr
Je ne comprends pas trop ce genre de demande...

Les Italiens - et bientôt nous, car nous les suivons de près - sont pris à la gorge : l'urgence nationale est de contenir une épidémie et pour cela, l'État a recours à une situation extrême qui posera bientôt des problèmes presque insurmontables, notamment sur comment maintenir une économie minimale pour nourrir et soigner les populations.

Toutes les activités « annexes », dont l'édition fait partie, sont très très très secondaires. Il est évident que des pans entiers de l'économie vont souffrir (il suffit de voir les dégâts en Chine).

Alors si chacun demande son petit passe-droit alors que l'urgence est ailleurs, on ne va pas s'en sortir...
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