Le corps d'Helen Bailey, auteure disparue en avril, retrouvé enterré dans son jardin

Orianne Vialo - 20.07.2016

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Helen Bailey, auteure de la série à succès très apprécié des adolescents Eletra Brown, était portée disparue depuis le 11 avril dernier. Pendant trois mois, les Britanniques se sont montrés très tourmentés quant à cette disparition, qualifiée d’inquiétante. Ils ne pouvaient pas avoir plus raison. Le 15 juillet dernier, son corps a été retrouvé enterré dans la cuve d'évacuation de son propre jardin. 

 

Helen Bailey accompagnée de Ian Stewart, son compagnon (CC BY-SA 2.0 Alice Boagey)

 

 

Cela ressemble en tout point à un scénario de thriller : disparition inexpliquée, grandes battues, appel public de son époux Ian Stewart destiné à sa dulcinée… À l’époque, tout laisse à croire que l’auteure avait choisi de s’éclipser. 

 

La disparition mystérieuse d'une auteure épanouie 

 

Helen Bailey a été aperçue pour la dernière fois en train de promener son chien à proximité de son manoir de Royston, dans le comté d’Hertfordshire (70 kilomètres au nord de Londres). Son époux avait déclaré aux autorités qu’il avait trouvé un mot de sa compagne, dans lequel elle lui faisait part de son désir de prendre du temps pour elle-même. 

 

Dans sa lettre, elle avait ajouté qu’elle souhaitait se retirer dans leur maison de vacances située dans la station balnéaire de Broadstairs (sud-est de l’Angleterre). Sans nouvelles de sa part après quatre jours, il se résout enfin à prévenir les autorités de la disparition de sa femme. Après s’être rendu sur place, le verdict tombe : l’auteure demeure introuvable, et personne ne sait où elle pourrait se trouver. 

 

Née le 22 août 1964, à Ponteland (comté du Northumberland, nord-est de l'Angleterre), rien ne prédestinait Helen Bailey à l'écriture. Elle avoir obtenu un diplôme en sciences à Thames Polytechnic (l'université de Greenwich) à Londres avant de commencer à travailler dans les médias et sur des campagnes de licence et de marketing pour les personnages tels que Razmoket, Garfield, ainsi que pour Nintendo.

 

Ce n'est que plus tard qu'elle se met à l'écriture, en sortant sa série Crazy World of Electra Brown, composée de cinq ouvrages publiés chez Hachette UK : Life at the Shallow End (2008), Out of my Depth (2008), Swimming Against the Tide (2009), Taking the Plunge (2009), and Falling Hook, Line & Sinker (2010). Elle a également écrit des livres pour enfants tels que la série Willow the Woodsprite, la série Topaz, et la série Felicity Wishes, toutes publiées chez Hodder Children's Books. 

 

Une campagne de recherches entreprise aussi bien par les autorités que par les civils

 

Si certains pensent qu’elle a orchestré sa disparition, à l’image d’Agatha Christie lorsqu’elle s’est inscrite dans l’hôtel de la station balnéaire d’Harrogate (comté du Yorkshire du Nord, Angleterre) sous un faux nom en décembre 1926, d’autres se montrent pessimistes, et pensent même qu’il est arrivé quelque chose de grave à Helen Bailey.

 

Et pour cause : la date de la disparition de l’auteure concorde, à quelques jours près, à la date de la mort de son précédent époux, John Sinfield, 65 ans, qui s’était noyée alors que lui et Helen Bailey étaient en vacances en Barbade. Beaucoup pensaient que cette triste date d’anniversaire avait plus affecté l’auteure, allant jusqu’à faire falloir la thèse du suicide. (via The Telegraph)

 

 

 

De grandes battues sont alors organisées pour retrouver l’auteure disparue. Tout a été fouillé : sa demeure, les bois alentours, la piscine, une fosse septique, mais toujours aucune trace de l’écrivaine. Sur les réseaux, des messages encouragent à ne pas cesser les recherches : 

 

 

 

Des initiatives ont également été prises telles que la campagne organisée par Missing people - une organisation aidant et accompagnant les personnes souhaitant faire une fugue ou dont un proche est porté disparu.

 

La fille d'une voisine permet de retrouver le corps de l'auteure 

 

Son compagnon, Ian Stewart, âgé de 55 ans a été accusé du meurtre de sa compagne, non seulement parce qu'ils ont retrouvé le corps d'Helen Bailey sur sa propriété, mais aussi parce que quelques semaines après la disparition de sa partenaire, l’homme a retiré d’importantes sommes d’argent du compte en banque de l’écrivaine. Il s’est même rendu aux Baléares, où ils avaient prévu d'aller avec son épouse. Très vite, ses agissements paraissent suspects aux yeux des autorités, qui décident de l’arrêter et de le placer en examen le 11 juillet dernier. Faute de preuve, il est libéré sous caution. 

 

Mais quelques jours après, coup de théâtre. Alors que les enquêteurs procédaient une seconde fois à des fouilles aux alentours de la demeure d'Helen Bailey une Australienne, Nicki McGrath, s’est manifestée auprès des forces de police. Elle a déclare aux enquêteurs que l’ancien propriétaire plaisantait souvent sur le fait que la cuve à eau du jardin était « l’endroit parfait pour cacher un corps ». Les fouilles alors menées ont conduit à la macabre découverte. 

 
Le précédent locataire apprendra aux enquêteurs que la fosse septique n'est en réalité que l'ancienne, et que la nouvelle se trouve près du garage, à l'arrière de la maison. La mère de Nicki McGrath s'est dite dévastée par cette issue tragique. « Helen était une belle personne. Elle était exubérante, intelligente, authentique et très sympathique. Ce qui est arrivé est tout bonnement horrible »

 

L'autopsie d'Helen Bailey a eu lieu le 18 juillet dernier à l'hôpital Helen Lister à Stevenage (Angleterre), et celle de son chien a eu lieu le 19 juillet. Ian Stewart est accusé du meurtre de sa compagne. La date provisoire de son procès a été fixée au 9 janvier 2017.