Le créateur de James Bond, un amant tendre et violent

Clément Solym - 27.03.2014

Edition - Société - Ian Fleming - James Bond - correspondance


C'est une correspondance d'amour torride, signée par Ian Fleming, le créateur de James Bond, qui sera mise aux enchères de New York, pour un montant estimé de 50.000 £. Deux lettres échangées avec sa maîtresse Edith Morpurgo, femme d'origine autrichienne, feront peut)être rougir certains des lecteurs. Les élans d'amour de Fleming sont pour le moins torrides.

 

 


 

 

« Je veux seulement vous embrasser et ne rien dire. Cela n'a aucun sens, mais je vous envoie des morceaux de mon COEUR !!!! », peut-on lire. Mais Fleming sait aussi souffler le chaud et le froid : « Je veux que vous soyez heureuse. Mais j'aimerais aussi vous faire du mal, parce que vous l'avez mérité, et pour vous apprivoiser comme un petit animal sauvage. Alors, soyez prudente, vous. »

 

On retrouve aussi quelques illustrations de Fleming, ciblant les parties du corps qu'il souhaiterait particulièrement embrasser - on laissera à chacun le soin d'imaginer. Une des lettres avait d'ailleurs été déchirée, puis scotchée. En revanche, Fleming ne semble pas avoir conservé la moindre des lettres de Morpurgo.

 

« Vous savez que je n'aime pas vos amis, parce que je suis un peu jaloux d'eux, et je n'apprécie pas le fait que vous ayez hâte de les retrouver. Je sais que je ne peux pas vous garder dans une cage comme un oiseau. » Le Guardian, qui révèle cette vente, explique aussi que la relation a tourné court. 

 

 

 

 

Ces lettres étaient un flirt romantique, certes, mais aussi une facette plutôt sadique de Fleming, qui se dévoile. Écrits alors que la carrière d'écrivain n'était pas bien avancée, les échanges eurent lieu entre 1934 et 1935 : Fleming avait une vingtaine d'années. Il écrivait en allemand, et accompagnait de photographies ses envois. Le premier livre, Casino Royale, sortira en février 1952. Sa maîtresse épousera en 1939 Jakob David Essinger, et aura une fille avec lui. Mais la famille finira sa vie dans le camp d'Auschwitz, en 1942. 

 

C'est le libraire londonien, spécialisé dans les livres anciens, Peter Harrington, qui se chargera de la vente.