Être auteur signifie généralement être pauvre

Julien Helmlinger - 27.01.2015

Edition - Economie - Auteurs - Revenus - Argent


Depuis trois ans, le magazine Digital Book World et Writer's Digest publie leur enquête annuelle sur l'évolution de la profession d'auteur aux États-Unis, notamment en termes d'expériences éditoriales et de revenus. Depuis décembre 2013, le principal constat des analystes était que les écrivains ne gagnent généralement que peu d'argent. Au moment de faire leur nouveau bilan en décembre dernier, ils se sont rendu compte que ceux qui s'en sortent le mieux seraient les auteurs cumulant édition traditionnelle et autopublication.

 

 

100 Dollar Bills

CC by SA 2.0 par Philip Taylor

 

 

Selon la dernière mouture de l'enquête, un tiers des auteurs ont gagné moins de 500 $ en l'espace d'un an, tandis que la moitié des sondés s'est dite insatisfaite de ses revenus. Les gains annuels médians des écrivains publiés traditionnellement se situent entre 3000 et 4999 $, ceux des autopubliés entre 500 et 999 $. Pour ce qui concerne les auteurs hybrides, ils se hissent entre 7500 et 9999 $.

 

Sur les 1879 membres du panel, la plupart sont des romanciers, et leur registre de prédilection est la romance. Ils sont 56 % à avoir tout misé sur l'autopublication, 13 % à avoir privilégié l'édition traditionnelle, et 31 % à avoir mis à profit les deux à la fois. Pour la sociologue Dana Beth Weinberg, les chiffres indiquent que peu importe le moyen employé, la fin laisse globalement à désirer.

 

Bien que les enquêteurs ont tenté de faire en sorte que les auteurs à succès soit représentés parmi leurs sondés autopubliés, cette catégorie n'a pas fait beaucoup d'argent et certains écrivains n'ont parfois écoulé que très peu de livres. La sociologue invite donc les écrivains à une mûre réflexion avant de choisir leur voie éditoriale et leur stratégie de marketing. Il vaut mieux faire son choix avec des attentes réalistes.

 

De manière générale, la moitié des écrivains, qu'ils publient en traditionnels ou indépendants, ont gagné moins de 2999 $. Parmi les sondés les plus chanceux en 2014, près de 10 % ont passé la barre des 100.000 $ ou plus, quand 4,1 % ont atteint des sommets supérieurs à 250.000 $.

 

Les revenus ne sont pas les seuls facteurs de satisfaction

 

Selon une autre enquête, commandée par Authors Licensing et la Collecting Society, le salaire médian de 2.500 auteurs professionnels britanniques (consacrant majeure partie de leur temps à l'écriture) était de 11.000 £ en 2013. Un chiffre en baisse de 29 % par rapport au relevé de 2005. Si l'on incluait dans le calcul les écrivains à temps partiel, ce revenu médian annuel 2013 retombait à 4000 £.

 

Pour en revenir à l'étude de Digital Book World, seuls 21,8 % des sondés se sont déclarés satisfaits, voire très satisfaits de leurs revenus d'auteurs. À noter que ceux qui gagnent le plus ne sont pas toujours les plus satisfaits de leurs expériences éditoriales, ce qui serait plutôt le lot des indépendants. Certains écrivains aiment avant tout écrire, créer librement, et n'ambitionnent pas forcément la richesse.

 

On ne change pas facilement de méthode, et ce qu'elle porte ses fruits ou non. Ainsi près de la moitié des auteurs traditionnellement publiés préfère poursuivre sur la même voie pour un prochain livre, les deux tiers des écrivains autopubliés en feront de même sur leur propre créneau.