Relations entre Cuba et les États-Unis : Amazon, agent diplomatique

Nicolas Gary - 05.03.2015

Edition - Economie - Cuba Etats-Unis - Amazon vente internet - produits embargo


Voilà trois mois que les responsables américains et cubains ont entamé les pourparlers, pour rétablir des relations diplomatiques. Interrompues depuis plus de cinquante ans, les relations des deux pays se limitaient à une ignorance réciproque. Mais le 17 décembre dernier, un double discours de Barack Obama et de Raul Castro a annoncé le rapprochement des deux pays.

 

 

Cuba - Havana Street - March 2014 - I Think I Know Which House Won The Lottery

Dans les rues de La Havane - Gareth Williams, CC BY 2.0 

 

 

D'ici à 2017, l'embargo pourrait donc s'achever, et les États-Unis avaient d'ores et déjà annoncé la réouverture d'une ambassade, sans apporter de précisions. Selon l'agence Reuters, il semblerait qu'un nouvel acteur se profile, et s'introduise dans les échanges diplomatiques. 

 

En effet, le cybermarchand a laissé apparaître sur son site une option Ship to Cuba, mais qui n'est semble-t-il pas fonctionnelle. Les journalistes de l'agence de presse ont tenté de faire une commande, mais qui n'a pas abouti.

 

« En raison de contrôles à l'exportation et des sanctions économiques, ainsi que des lois et réglementations actuelles, nous sommes dans l'incapacité de traiter les transactions depuis votre emplacement actuel », précise le site dans un message.

 

De même, l'option d'achat ne serait pas visible depuis l'ensemble du territoire américain. Et malheureusement, la société de Jeff Bezos n'a pas fait de commentaires. Cependant, les experts en logistiques web considèrent que cette option indique clairement que la firme travaille déjà aux prochaines commandes.

 

Des tests, certainement, qui, comme d'autres services, ne sont pas annoncés en fanfare. 

 

Cependant, souligne l'agence, Jeff Bezos a des liens familiaux forts avec l'île : son père adoptif, Miguel Bezos, est originaire de Cuba : il avait émigré aux États-Unis vers l'âge de 15 ans. 

 

À ce jour, moins de 5 % de la population dispose d'un accès à internet, même si la situation tend à s'améliorer. La signature récente d'un accord devrait réchauffer les relations, et certainement entraîner un certain développement de la vente en ligne. Dans tous les cas, Amazon disposera d'un avantage manifeste sur ses concurrents.

 

Ce qu'il faut noter, c'est que l'administration Obama n'a jamais manqué une occasion de saluer le travail de Jeff Bezos, et la réussite d'Amazon. Le président américain était même allé jusqu'à intervenir pour un discours dans un centre logistique de la firme en juillet 2013, et accorder une interview exclusive, qui ne fut publiée qu'en format Kindle.

 

Ses déclarations n'avaient d'ailleurs pas manqué leur cible : avec un emploi, permis par des sociétés comme Amazon, « les gens ont plus d'argent dans la poche pour faire des achats, et c'est bon pour Amazon », expliquait-il. Avec Cuba, c'est un autre coup de pouce ?

 

Une autre explication peut s'envisager : LSA rapporte qu'un ancien porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, est passé chez Jeff Bezos. Sauf que l'intéressé a également fait un passage entre le bureau ovale et Amazon, par un petit détour chez CNN. Il avait quitté Washington en 2014.