Le danger existe d'ebooks pour la littérature jeunesse

Clément Solym - 28.03.2011

Edition - Société - ebooks - livres - jeunesse


Les éditeurs anglais se réjouissent peut-être des nouvelles fonctionnalités de l'application iBooks. Avec les apports de cette version et les évolutions de l'iPad 2, la littérature jeunesse profitera d'une plateforme numérique particulièrement intéressante. (notre actualitté)

Cependant, les auteurs n'opinent pas du chef béatement. Julia Donaldson a posé son véto à ce que ses ouvrages deviennent des oeuvres numériques.

The Gruffalo ne deviendra jamais une application interactive pour les jeunes. « Je pense qu'il y a beaucoup d'avantages aux ebooks, mais je ne pense pas que nous devions êtres contrôlés par la technologie. » Et surtout, ne pas céder au chant des sirènes. « Je crois que si tout le monde dit oui à l'existence d'un ebook pour tout, un certain danger existe. »


L'avis est partagé : Liz Thomson, rédactrice en chef de BookBrunch. Pour lui, quelle que soit la qualité de la technologie, la sensation si particulière de tenir un livre et d'en tourner les pages ne peut pas être reproduite. Et la relation qui va avec est également soumise à cette idée.

Pourtant, Donaldson voit les intérêts de ces ouvrages numériques. Simplement, nous passons tellement de temps devant nos écrans qu'il est peut-être précieux et bon de revenir à des objets en papier.

La version d'Alice au pays des merveilles qu'elle a pu essayer ne l'a pas plus convaincue. Faire s'allonger le cou d'Alice, la belle affaire : c'est simplement un bouton avec lequel l'enfant joue, et rien de plus. Le livre disparaît, au profit de l'interaction. Pas vraiment une évolution.

Son éditeur se range d'ailleurs à l'avis de l'auteure. Pour une personne qui travaille sur les mots, il est compréhensible qu'elle ne souhaite pas voir l'interactivité s'interposer entre le lecteur et le texte. Simplement, il relève aussi de la responsabilité des éditeurs de proposer ce que le public demande. Et à ce titre, proposer des oeuvres nouvelles... (via Guardian)