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Le décès de Gérard de Villiers boudé par la ministre de la Culture

Julien Helmlinger - 04.11.2013

Edition - International - S.A.S - Gérard de Villiers - Aurélie Filippetti


Un ange passe au ministère de la Culture : simple bourde, déni, ou omerta qui avance masquée ? Alors que Jacques Chirac faisait acheter tous les opus de S.A.S par son chauffeur afin de les lire en vacances, le Français controversé qui a probablement écoulé le plus de livres de poche à travers le monde n'est visiblement pas au goût d'Aurélie Filippetti. Après la mort de l'écrivain Gérard de Villiers, aucun communiqué officiel, pas même un commentaire n'est venu de la rue de Valois.

 

 

 

 

L'écrivain et bourlingueur sulfureux, auteur de la saga de livres d'espionnage S.A.S, est décédé jeudi dernier âgé de 83 ans et des suites d'une longue maladie. Contrairement à son habitude, le ministère de la Culture ne s'est pas fendu d'un communiqué pour saluer sa mémoire, et a en outre refusé de commenter la disparition lorsque l'agence France Presse a pris des nouvelles. 

L'absence de communication, perçue comme une véritable bourde, a suscité quelques réactions. Christine de Villiers, épouse du disparu a réagi en affirmant : « Que même à son décès le gouvernement ne souhaite pas le reconnaître, cela ne me surprend pas, malgré son immense popularité jusqu'aux États-Unis et ses millions de livres vendus. » 

 


 

Son avocat qui avait annoncé la mort de l'écrivain via Twitter, Maitre Éric Morain, a rebondi quant à lui toujours par le biais du réseau social pour regretter cette absence de réaction de la rue de Valois. Non dénué du sens de l'ironie, il a tablé sur une page blanche du ministère comme hommage à Gérard de Villiers.

 


Un silence qui n'a pas échappé à Jean-Michel Aphatie : « D'habitude, quand un grand personnage cesse à peine de respirer, aussitôt un communiqué tombe. Là, rien ! Aurélie Filippetti n'aimait peut-être pas l'écrivain et son œuvre, c'est son droit le plus strict. Mais c'est un droit intime et personnel. En tant que ministre, elle se doit de représenter la diversité de la culture. »

 

Contacté par ActuaLitté, Alexandre Tiphagne, responsable livre au ministère, confirme l'absence de communication sans toutefois nous éclairer davantage. « Non, l'absence de communiqué n'est pas une erreur, il n'y en a pas eu. Vous en tirerez les conclusions que vous voudrez. »

 

Eh bien, faisons donc !

 

Le communiqué de presse, pourtant, est un outil qui ne coûte pas bien cher au ministère, et depuis son entrée en fonction, Aurélie Filippetti a su démontrer qu'elle en avait bien compris l'utilité. En effet, en saluant l'attribution du prix du livre Inter, et intervenant sur différents sujets (remises de prix, décès, etc.) la ministre de la Culture avait habitué la presse à disposer d'un petit message permettant d'accompagner une information rudimentaire.

 

On aurait presque pu définir les goûts littéraires de la ministre, en dehors de Simone de Beauvoir, au travers des messages de félicitations qu'elle adressait. Mais en regard de l'oeuvre de Gérard de Villiers, le silence ministériel est assez incongru.

 

Mais la ministre ne restera pas complètement sans voix : depuis Twitter, elle a choisi d'enfoncer le clou.

 


On se demandera alors dans quelle mesure la ministre de la Culture a la possibilité d'imposer ses choix personnels, au détriment de ceux qui incombent à la fonction.