Le déclin de la presse est-il lisible dans l'évolution du livre ?

Clément Solym - 22.04.2009

Edition - Société - livres - miroir - annoncer


La crise est-elle un moteur accélérant l'histoire ? La crise, ou les crises d'ailleurs... Si du côté de l'industrie automobile, on peut envisager que la récession actuelle accélère le passage aux voitures électriques, sinon hybrides, la presse accuse depuis quelque temps un sérieux coup, que la situation pourrait précipiter plus encore.

Et les livres seraient un témoignage de cette évolution autant qu'un indicateur de la crise. Pas leur contenu, mais leur commerce même. Si les chiffres de vente baissent en Angleterre et aux États-Unis, en France, tout semble rouler au mieux, mais cette résistance fait écho étrangement au milieu de l'information.

Car si la presse avait de beaux jours devant elle voilà encore une dizaine d'années, la publicité aujourd'hui est en berne, frappant très fort l'une des sources principales de revenus des journaux. Mais ce n'est pas tout : on achète moins de papier, on préfère consulter en ligne, ce qui lèse les kiosques et autres revendeurs. La révolution internet, décidément...

Pourtant, bien que les journaux et les livres soient deux espèces différentes, un lien mystérieux semble les rapprocher. On pourrait évoquer le fait que Google books se soit mis à numériser les livres comme les magazines et journaux pour mieux le comprendre. De même, l'apparition des éditions électroniques des quotidiens nationaux sur le Kindle, à mettre en parallèle avec le livre électronique. En outre, le service de numérisation par Google n'a rien rapporté pour l'heure à qui que ce soit, pour la presse, comme pour l'édition.

Tout cela n'est pas généralisé, mais se propage, doucement - d'aucuns diraient, insidieusement. Et si l'on ne voit pas encore des lecteurs d'ebooks partout dans les rues, il est raisonnablement envisageable que ce ne soit qu'une question de temps... Qu'en sera-t-il du droit d'auteur dans quelques années alors ? Bien malin qui pourrait le définir a priori.

Le futur s'emballe déjà...