Le défi Babelio : chroniquer la totalité des 645 titres de la rentrée

Clément Solym - 25.08.2016

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Le pari est totalement insensé, et il fallait bien les 350.000 membres que compte le réseau Babelio pour envisager de le relever. Si chaque année, la rentrée littéraire donne l’occasion à chacun de pester contre le trop grand nombre d’ouvrages qui sortent, l’abondance ne fait pas peur. Objectif ? « Chroniquer la totalité des 645 titres de la rentrée ! »

 

rentrée littéraire lecture Babelio

 

 

Le 17 août, le réseau de lecteurs Babelio indiquait dans un message que 23 % des titres de la rentrée avaient déjà bénéficié d’une chronique de la part des lecteurs. Une semaine plus tard, le compteur est déjà parvenu à 206 titres – soit soixante de mieux que depuis le dernier recensement officiel. 

 

« Le principe est simple : vous trouverez sur cette page la liste de tous les livres qui paraissent à l’occasion de la rentrée 2016, classés par état : ceux déjà critiqués sur Babelio et ceux qui ne le sont pas encore », explique le réseau. Et d’ajouter : « Ensuite, il s’agit simplement de vous faire plaisir en critiquant les ouvrages que vous souhaitez tout en essayant de vous concentrer sur ceux qui n’ont pas encore été critiqués. »

 

Réunir 350.000 membres pour arriver à chroniquer l’intégralité des romans qui doivent sortir durant la période de la rentrée littéraire, une douce folie. Mais qui démontre à quel point la production est immense. Et le travail, tant des journalistes que des libraires, est considérable. 

 

"Arriver à faire sortir du lot tous les livres, et qu’aucun ne soit victime, tombée au champ d’honneur de la rentrée"

 

 

La première étape consistait à établir une liste de ces fameux romans de la rentrée. Après quelques corrections – rééditions éliminées, nouveautés poches, etc. –, le réseau a officialisé l’opération ce 17 août. « Nous avons pris le temps de bien définir le périmètre des livres qui figuraient dans la rentrée, depuis le 18 août jusqu’à fin octobre », nous précise Guillaume Teisseire, cofondateur.

 

Avant même l’officialisation, plusieurs titres étaient déjà chroniqués. « Certains de nos lecteurs sont eux-mêmes des professionnels qui lisent et chroniquent, et peuvent accéder ainsi aux ouvrages avant leur parution – en recevant les épreuves non corrigées. D’autres sont en relation avec les éditeurs, certains sont libraires. En somme, nous disposions déjà d’un certain nombre de chroniques spontanées, dont les premières sont apparues dès le mois de juin. » 

 

Quant à l’opération elle-même, « elle représente un fameux défi, et sincèrement on espère y parvenir, sans en avoir l’assurance », souligne-t-il. Le fait est que les titres critiqués à ce jour « découlent de lecteurs privilégiés : maintenant que les livres commencent à sortir en librairie, de nouvelles vagues de publications arriveront ».

 

Pour apporter sa contribution, c'est ici

 

 

Dans l’idée, Babelio estime parvenir assez rapidement à couvrir 50 à 60 % de cette rentrée : « Les ouvrages des grandes maisons, et des best-sellers ont déjà été passés au crible. Que ce soit Eric-Emmanuel Schmitt, Amélie Nothomb, ou Tonino Benacquista et Adélaïde de Clermont-Tonnerre, leurs livres sont chroniqués. » En outre, une opération Masse critique – par laquelle les membres du réseau reçoivent des ouvrages, justement à lire et chroniquer – sera prochainement dédiée à la rentrée : de quoi faire monter le compteur.

 

« Les titres qui resteront relèvent de maisons plus confidentielles, d’auteurs moins connus, et tout le défi est bien là : arriver à les faire sortir du lot, et qu’aucun ne soit victime, tombée au champ d’honneur de la rentrée. » Bien entendu, Babelio peut tabler sur l’enthousiasme de sa communauté – avec plus de 40.000 chroniqueurs actifs. 

 

Des proportions qui amènent toutefois à s’interroger : faut-il, pour couvrir cette rentrée, que 40.000 personnes lisent les 645 livres, entre juin et fin octobre, pour assurer à chaque ouvrage une présence ? 

 

« Ce que nous retenons, c’est que, de manière naturelle, Babelio dispose d’une couverture bien plus large que celle de la presse. Une étude réalisée sur la rentrée de 2012 avait démontré que, sans même lancer ce type d’opération, nos lecteurs étaient parvenus à lire et parler de bien plus de livres que les médias ne parviennent à le faire. »

 

L’étude en question est une thèse réalisée par Louis Wiart, chercheur postdoctoral au Labex Industries Culturelles et Création Artistique (ICCA), Université Paris 13 — Sorbonne Paris Cité. Il avait alors analysé un échantillon de 1000 titres sortis entre le 28 août et le 26 octobre 2012 – à l’époque Babelio comptait 60 000 membres. Conclusion : le ratio entre les titres chroniqués dans Babelio par rapport à la presse était de 1,5...