Le dentifrice Cthulhu au pays des Bisounours, Casimir en guest-star

Clément Solym - 08.03.2012

Edition - International - Lovecraft - marketing - Cthulhu


L'univers de Lovecraft, de l'avis commun, reflétait bien plus les contradictions intérieures de l'auteur, sur le monde qui l'entourait. Homme qui se sentait oppressé par tout ce qui bougeait dans ce monde en modernisation, le romancier aura fini par élaborer des livres à la hauteur de ses angoisses. 

 

Mais difficile de réduire les Grands Anciens, ces dieux effrayants aux seules frayeurs de l'auteur. Surtout que l'ironie tragique ne l'aura pas épargné : redoutant ce monde, depuis une enfance malade, c'est finalement de l'intérieur qu'il fut dévoré, par un cancer qui l'emporta en 1937.

 

Surtout que Lovecraft possède un atout majeur : ses textes sont libres de droit, et il est facile d'y puise de quoi créer de nouvelles versions, plus édulcorées au besoin. Ainsi, le Mythe de Cthulhu, figure la plus symbolique du panthéon lovecraftien, connaît différentes postérités. Sauf que la créature avec une tête de pieuvre, un corps mi-humain mi-autre chose, de nos jours, aurait plutôt tendance à faire sourire pour son côté kitsch.

 

 

 

Cthulhu fascine, et à vrai dire, tout le monde a envie de s'y plonger. Même Guillermo Del Toro avait dans les cartons un projet de film, qui n'aura pas vu le jour, en dépit de quelques tentatives, pour des raisons de budget. (voir notre actualitté)

 

Mais si l'industrie Cthulhu a connu des déclinaisons multiples, celle qui ne lui manquait peut-être pas était cette version Bisounours, qui lui a donné une vie de peluche. En matière de produits dérivés, les États-Unis n'ont pas leur pareil pour décliner tout ce qu'il est possible de faire, et le Guardian se demande, mi-figue, mi-raison, si l'on ne verra pas arriver un jour prochain les bonbons à la menthe Cthulhu.

 

 Eh oui : quelle haleine fétide devait se dégager des tentacules cthulhuniennes ! Et peut-être serait-ce là le départ d'un produit décalé ? Et pourquoi pas d'un dentifrice. Le jingle publicitaire s'entend déjà : « Avec Cthulhu, fini le tartre sur les tentacules ! »

 

Mais, soulignent nos confrères facétieux, une autre tentative de démocratiser et aseptiser un peu le dieu existe, sous la double plume de Bruce Brown et Dwight L MacPherson, auteurs de deux romans graphiques, pour la jeunesse, qui puisent dans l'univers de Lovecraft… Ils ont publiés  Howard Lovecraft and the Frozen Kingdom (avec l'artiste Renzo Podesta) et Howard Lovecraft and the Undersea Kingdom (avec l'artiste Thomas Boatwright). 

 

 

 

De quoi rendre particulièrement sympathique le dieu tentaculairement effrayant, et en réaliser une version Casimir : après tout, « le pays joyeux, des enfants heureux, des monstres gentils » n'est-il pas un vrai paradis, en mesure d'accueillir tout le monde ? 

 

On se souviendra que Neil Gaiman lui-même n'avait pas hésité à rendre la bestiole un peu sympathique, dans le cadre d'un entretien assez exclusif. On y évoquait la fin des dinosaures, disparus… à l'occasion d'un barbecue entre Grands Anciens…