Le diagnostic sur l'enseignement de la littérature : crise de foi(e) ?

Clément Solym - 12.11.2012

Edition - International - Albert Braz - Littérature - Etudes littéraires


Ce premier novembre a été publié, sur le site internet canadien University Affairs, l'exposé d'un spécialiste de la littérature qui passe en revue son domaine d'étude, son héritage et ses perspectives d'avenir. Albert Braz de l'université d'Alberta, auteur de The False Traitor : Louis Riel in Canadian Culture, dresse le diagnostic des affections touchant son champs d'étude, à l'heure de la science et du factuel. 

 

 

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Selon Albert Braz, l'actuel état de crise qui touche les études littéraires serait dû principalement au fait que les spécialistes et autres enseignants auraient perdu la foi et en la littérature comme l'amour de la lecture. Or si les professeurs eux-mêmes n'y croient plus, qui d'autre le pourrait ? Il en résulterait une marginalisation du domaine au sein même du monde universitaire.

 

La littérature qui autrefois était source de fierté disciplinaire serait devenue aujourd'hui une source d'embarras, et ce, jusqu'au sein des réunions ministérielles. Le spécialiste estime que ses collègues s'enthousiasment pour de multiples champs d'études connexes tout en évitant de s'attacher à la littérature traditionnelle : la poésie, le théâtre ou encore les oeuvres de non-fiction.

 

Braz soutient l'idée que les spécialistes littéraires seraient entrés dans un combat oedipien à l'encontre de leur champ d'études, face au déclin de leur institution, plutôt que de soutenir la littérature. Une caractéristique qui toucherait bien plus durement le domaine littéraire, qu'il ne saurait affecter les autres sciences humaines.

 

Braz dénonce le fait que le spectre de l'amateurisme, à travers 2000 ans d'études littéraires, aurait conduit les spécialistes à embrasser le modèle scientifique. Ce qui serait perceptible surtout en regard d'un certain hermétisme linguistique, une sorte d'assimilation illusoire qui voudrait que ce qui est obtus soit synonyme de sage.

  

Or pour le spécialiste, le pouvoir de la littérature résiderait essentiellement dans sa capacité à motivier l'imaginaire et à transporter les lecteurs. Elle résidera donc là ou les mots expriment plus que leur simple sens littéral.