Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le directeur du festival écossais d'Édimbourg dénonce le star-system

Clément Solym - 02.02.2012

Edition - International - Edimbourg - foire du livre - star-system


Nick Barley, directeur du festival international du livre d'Édimbourg, n'y est pas allé par quatre chemins : il a directement accusé ses confrères de Cheltenham (Angleterre) et de Hay (Pays de Galles) de corrompre l'esprit de l'évènement en privilégiant les célébrités aux dépends des livres.

 

« Cheltenham a fait venir des têtes d'affiche qui ne sont même pas là pour parler des livres » a martelé Nick Barley auprès du Guardian, avant de souligner « Nous avons des célébrités nous aussi, mais uniquement celles qui ont de bons livres à présenter ». Et de préciser que tous, « lauréat du Nobel comme jeune romancier », étaient logés à la même enseigne, avec une rémunération s'élevant à 150£ et une nuit dans un hôtel du coin.

 

Ce fameux festival de Cheltenham cumule en effet les grands noms et a proposé au fil des années une line-up impressionnante à base de Toni Morrison, Ian Rankin, Martin Amis, Salman Rushdie et autres pointures médiatiques.

 

 

Du côté du rendez-vous de Hay, c'est tout aussi flamboyant : Arthur Miller, Desmond Tutu ou Julian Assange et son arrivée en hélicoptère ont foulé les terres galloises. Mais ce « Woodstock de l'intellect » - l'expression est de Clinton, à vous de juger... - frôle parfois le pire comme l'intervention à peine alarmiste de Jonathan Franzen sur les livres numériques. (voir notre actualitté)

 

Cela dit, Nick Barley, l'organisateur du Festival d'Édimbourg, hésite lui aussi à faire participer les e-books à son évènement, puisqu'il rechigne à lancer un partenariat avec trois éditeurs de livres numériques. Si courtiser les stars est une faute, nul que négliger les textes en est une autre.