Le directeur exécutif de Barnes & Noble dépose sa démission

Antoine Oury - 09.07.2013

Edition - Librairies - Barnes & Noble - William Lynch - démission


Sans prévenir, le directeur exécutif de la chaîne de librairies américaine Barnes & Noble, William Lynch, vient d'informer les clients et investisseurs qu'il quittait son poste, et par la même occasion la société. Les informations sont parcellaires, mais l'échec de la stratégie du numérique du revendeur, dépassé par tous ses concurrents, a probablement joué dans la décision.

 


Barnes and Noble

Sean, CC BY-ND 2.0

 

 

« J'ai apprécié l'opportunité de pouvoir travailler comme PDG de cette incroyable société au cours des trois dernières années » : voilà la déclaration la plus enflammée de William Lynch après son départ de la dernière grande chaîne de librairies américaine. Décision personnelle ou aimable poussée des actionnaires ? Impossible de le savoir pour le moment. Lynch est remplacé par Michael Huseby, ancien responsable des finances, qui prend la tête de la filiale Nook et de B&N. 

 

Leonard Riggio, créateur de la chaîne Barnes & Noble et président du conseil d'administration, a souligné qu'un nouveau plan stratégique allait être élaboré, et présenté « au moment opportun ». Entre deux cartons de déménagement, William Lynch a remercié les responsables et l'administration de la société, en valorisant « les nombreuses innovations que la société apportera à ses clients, dans leurs achats physiques ou numériques. »

 

Les innovations, justement : le nom de William Lynch vient avec celui du lecteur numérique de Barnes & Noble, le Nook. Le PDG aura suivi tout le développement de la machine, et porté ce projet dès ses origines. Nommé à son poste alors que la baisse du chiffre d'affaires en magasin commençait à inquiéter les actionnaires, le PDG a tout misé sur le Nook et la stratégie numérique du libraire dès le mois de juin 2011.

 

Si la machine a eu ses quelques beaux moments, par exemple avec l'ajout d'un système Glowlight (éclairage non agressif) sur ses lecteurs ebooks, le Nook a été largement exploité par la chaîne de librairies, jusqu'à une version tablette, fin 2011. La chaîne de librairies concurrence alors directement Amazon ou Apple, sans toutefois disposer des moyens des deux géants.

 

Le prix de l'échec

 

Dans un entretien à Bloomberg le 16 novembre 2012, Lynch affirmait sans hésiter : « Je ne lis plus vraiment de livres physiques », une sortie aussi promotionnelle que personnelle, témoignage de son attachement à la gamme de lecteurs numériques. Quelques mois auparavant, en avril, il avait entamé un « partenariat stratégique » avec Microsoft, pour donner une toute autre dimension à sa place sur le marché numérique. Une dimension aux contours encore flous...

 

Las, les seules ventes de machines ne suffisent pas à compenser les baisses de chiffre d'affaires du groupe : les achats de contenus numériques, sur le site de Barnes & Noble ou en magasins, sont encore trop faibles pour réellement peser. La concurrence reste rude : selon les données de Quantcast, Amazon recense 130 millions de visiteurs par mois, quand B&N n'en dénombre que 6 millions. Et, dès 2012, la gamme d'appareils se vend moins que l'année précédente.

 

Sans surprise, la chaîne a donc annoncé au mois de juin 2013 la fin de la fabrication en série des tablettes, et la mise en place d'un partenariat en cobranding pour proposer son offre de contenus numériques. Depuis plusieurs mois, Lynch défendait la filiale face aux investisseurs, calmant le jeu après les annonces de mauvais résultats financiers.

 

« Nook Media se finance lui-même depuis octobre 2012 grâce aux partenariats financiers conclus avec Microsoft et Pearson. En sortant du grand vide des vacances, nous sommes en train de procéder à des ajustements dans notre stratégie pour atteindre les opportunités qui nous sont offertes auprès du consommateur et du marché de l'éducation numérique » affirmait-il. Avec le départ du PDG, il y a fort à parier que la filiale Nook risque de connaître des bouleversements conséquents,  quiconque remplace Lynch.




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