Le discours engagé d'Albert Camus pour son Prix Nobel

Laure Besnier - 08.02.2018

Edition - Société - Prix Nobel - Albert Camus - Discours Suède Oslo Prix Littéraire


Quelle est la place de l'écrivain dans la cité ? Les représentations que l'on se fait de celui-ci et de son rôle sont nombreuses. Dans son discours de réception du Prix Nobel de littérature, prononcé à Oslo, le 10 décembre 1957, Albert Camus décrivait « l’idée [qu'il se faisait] de [s]on art et du rôle de l’écrivain. »

 


Le discours qu'Albert Camus prononce ce 10 décembre 1957, à Oslo, est à l'image de sa vie et de ses combats : engagé. Né dans une famille française le 7 novembre 1913 en Algérie, il fréquente une école primaire communale où il rencontre un instituteur, Louis Germain, qui l'aidera – remplaçant d'une certaine manière son père, mort à la première bataille de la Marne. C'est à lui qu'il dédie son Prix Nobel. 

 

Revenu en France, il s'engage, dans la résistance française, pendant la Seconde Guerre mondiale, et par la suite, pour l'indépendance de l'Algérie – intellectuellement, même s'il le vit comme un drame personnel puisque ses racines se trouvent là-bas. 

 

En 1957, Albert Camus a publié de nombreux romans comme L'Envers et l'Endroit en 1937, Le Mythe de Sisyphe et L'Étranger en 1942, La Peste en 1947, L'Homme révolté en 1951 ainsi que La Chute en 1956. 

 

Dans son discours, il revient sur le mythe de l'écrivain solitaire, dans sa tour d'ivoire, au-dessus des hommes tel un albatros. « L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. » 

 

Puis, il insiste sur l'engagement de l'écrivain : « Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. » Avant de rajouter : « Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir — le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression. »

 

Plein les poches : philosophie, République, humanisme et djihad
 

Enfin, il conclut en résumant : « Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d’écrire, j’aurais remis l’écrivain à sa vraie place, n’ayant d’autres titres que ceux qu’il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, toujours partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu’il essaie obstinément d’édifier dans le mouvement destructeur de l’histoire. »

 

Un point de vue bien déterminé sur la place et le rôle de l'écrivain, inscrit dans son temps et dans l'histoire. Ce matin, le discours a été lu sur France Inter par Vincent Lindon. 
 

Pour écouter Vincent Lindon lire Albert Camus

 

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