Le Dit de Genji : « le livre qui changea ma vie »

Clément Solym - 15.09.2011

Edition - Société - japon - genji - mishima


Un livre peut parfois changer tout le cours d’une vie. Ce fut le cas de Donald Keene, un érudit Américain dont l’existence pris un autre tournant après la lecture du Dit du Genji, l’un des plus anciens romans du monde.



Il y a 70 ans, Donald Keene est tombé amoureux du Japon en lisant Le Dit du Genji, un livre du XIe siècle relatant la vie d’un prince japonais, Genji, de la cour de Kyôto et de son fils Kaoru. Porté par un amour et une fascination incommensurables pour le pays du soleil levant, Keen décida par la suite d’étudier le japonais et d'entamer une longue carrière d’universitaire en littérature japonaise. Il vient tout juste de prendre sa retraite pour s’établir au Japon et y passer le reste de sa vie.

La grande œuvre japonaise du roman-fleuve médiéval a tout changé. Donald Keene explique à Reuters la naissance de cette passion :
« 1940 a été la pire année de ma vie. Je pense que ça a été la pire année de la vie de la plupart des occidentaux. (…) J’ai réalisé qu’un autre monde était possible [en lisant Le conte de Genji, ndlr]. Le contraste entre ma vie quotidienne, qui n’était qu’horreur, et leur monde, où tout devenait beauté avec la poésie. »



Donald Keene était très proche de l’écrivain Japonais Yukio Mishima, suicidé par éventrement en 1970, dont la récente biographie écrite par Jennifer Lesieur (Mishima, Gallimard, 2011) avait suscité la polémique pour un possible plagiat (notre actualitte).

Pour Donald Keene, son ami n’était pas facile à comprendre : « J’ai reçu une des trois dernières lettres qu’il a écrite. Il y expliquait qu’il pensait que je le comprenais. Peut-être que je le comprenais, mais pas suffisamment. » a-t-il déploré. « C’était quelqu’un d’unique. Il n’y a personne comme lui dans la littérature japonaise contemporaine. » rapporte Reuters.

Donald Keene vit à présent au Japon, après avoir passé la plupart de sa vie à rapprocher l’Occident et le Japon par le biais de la littérature. Il a même obtenu la citoyenneté japonaise et plaisante : « J’en avais marre d’être différent. Je veux devenir Japonais, autant que me le permettra mon visage. »


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