Le DOAJ, répertoire de 10.000 revues scientifiques en accès libre

Marie Lebert - 12.12.2013

Edition - Société - Open Access - publications scientifiques - articles


Créé en 2003, le DOAJ (Directory of Open Access Journals) est un répertoire de revues scientifiques en accès libre qui vient de passer la barre des 10.000 revues. Avant d'être intégrées au répertoire, ces revues font l'objet d'une radioscopie de la part de l'équipe du DOAJ selon plusieurs critères de qualité et d'ouverture.

 

 

 

 

Un point d'accès unique aux revues en open access

 

Ces revues scientifiques concernent tous les sujets. Certaines n'ont que quelques centaines de lecteurs alors que d'autres sont mondialement connues. Leur point commun est d'avoir choisi l'open access comme mode de diffusion. Depuis dix ans, le but du DOAJ est de fournir un point d'accès unique à ces revues et à leurs articles afin de mieux les faire connaître, avec un gain (immatériel) certain pour les usagers du DOAJ comme pour les éditeurs de ces revues.

 

Ces revues sont une alternative bienvenue aux revues conventionnelles payantes (et pour certaines hors de prix), inaccessibles à de nombreuses bibliothèques, y compris dans les pays en développement. Par le biais de ces revues, les résultats de la recherche sont mis gratuitement à la disposition de tous, pauvres ou riches, tout en conservant les mécanismes de contrôle ayant fait leurs preuves (comité de lecture, relecture des articles).

 

Le DOAJ peut être intégré à tout catalogue géré par une bibliothèque universitaire ou de recherche (et de tout autre organisme intéressé). Le public de ces bibliothèques et autres organismes a immédiatement accès à 10.000 revues numériques gratuites – avec recherche possible par article pour la moitié d'entre elles – à côté des abonnements payants gérés en interne.

 

Dans une interview datée du 15 septembre 2013deux bibliothécaires de l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne expliquent que – grâce au DOAJ et à d'autres sources - leur base de revues numériques inclut maintenant davantage de revues scientifiques en libre accès (9.200 revues) que de revues en accès payant (6.800 revues).

 

Comment une revue est-elle incluse dans le DOAJ ?

 

Tout le monde - particulier ou éditeur de revue - peut suggérer un titre au moyen d'un formulaire présent sur le site. L'équipe du DOAJ se charge ensuite de contacter l'éditeur de la revue et de lui poser nombre de questions sur le processus de sélection des articles, l'existence d'un comité de lecture et la disponibilité des articles sous licence Creative Commons, par exemple. 

 

Si la revue est acceptée pour intégration dans le répertoire, l'équipe demande à l'éditeur de lui procurer les textes et métadonnées des articles publiés, afin de permettre une recherche par article.

 

L'inclusion dans le DOAJ n'est pas seulement bénéfique pour les usagers du répertoire (12 millions de visites mensuelles en avril 2013) mais pour les revues elles-mêmes, qui se voient assurées d'une publicité gratuite et d'une audience mondiale. 

 

Le Bulletin des bibliothèques de France (BBF), par exemple, est en open access depuis 2006 et répertorié dans le DOAJ. Le succès est au rendez-vous. Le DOAJ débute avec 300 revues en mai 2003 pour recenser 2.000 revues en janvier 2006, 3.000 revues en décembre 2007, 4.000 revues en avril 2009, 5.000 revues en mai 2010, 7.000 revues en septembre 2011, 8.000 revues en octobre 2012, 9.000 revues en septembre 2013 et enfin 10.000 revues en décembre 2013. 

 

Une recherche par article est possible depuis juin 2004, et concerne maintenant plus de la moitié des revues (5.743 revues sur un total de 10.006 revues le 11 décembre 2013). Une recherche par nouveaux titres (à savoir les titres récemment ajoutés dans la base) est possible depuis avril 2008. Une recherche par pays de publication est possible depuis octobre 2008.

 

 

Open Access

RLHyde, CC BY SA 2.0

 

 

Par ailleurs, l'équipe du DOAJ retire régulièrement de sa base les revues ne répondant finalement pas à ses critères de qualité ou d'ouverture, surtout depuis la prolifération récente de revues scientifiques de bas niveau arnaquant les auteurs et ne s'intéressant qu'à leur participation financière pour voir l'un ou l'autre de leurs articles publiés, avec un comité de lecture souvent bidon, et surfant sur la vague de l'open access pour détourner une belle idée à des fins mercantiles assez écœurantes. L'équipe compte aussi sur les usagers du DOAJ pour la prévenir de l'existence de telle ou telle revue véreuse dans sa base et la retirer.

 

Une nouvelle plateforme

 

Après une première interface plus conviviale lancée en mars 2011, le DOAJ lance une nouvelle plateforme en mars 2013 avec une recherche avancée possible au niveau des revues (filtrage des résultats par sujet, pays, licence et frais de publication) et au niveau des articles (filtrage des résultats par langue, année de publication, licence et frais de publication).

 

Cette plateforme propose aussi des outils de partage des données sur Facebook, Twitter ou LinkedIn, et des outils d'exportation des données vers Reference Manager, EndNote et BibTex, entre autres.

 

En ce qui concerne l'organisation du DOAJ, après avoir été lancé en 2003 par Lars Bjørnshauge, directeur des bibliothèques de l'Université de Lund (Suède) et avoir été développé dans le même cadre jusqu'en 2012, le DOAJ poursuit maintenant sa route au sein de IS4OA (Infrastructure Services for Open Access), avec une plateforme gérée par SemperTool.

 

En dix ans, le DOAJ est devenu un outil incontournable au cœur même du mouvement de l'open access, pour tous les sujets, tous les pays et toutes les langues. Il est devenu LE point d'accès aux revues scientifiques en accès libre de par le monde et il est consulté dans 160 pays. 

 

Pour en savoir plus, une présentation détaillée est disponible en anglais.