Le don de Blair aux blessés de la guerre en Irak très critiqué

Clément Solym - 17.08.2010

Edition - Société - Blair - don - guerre


« Reconnaissance d’un sacrifice énorme » pour l’ancien Premier ministre de la couronne, tentative de se racheter une conscience pour beaucoup d’autres. En septembre prochain sortent les mémoires de Tony Blair. Lundi, le travailliste a annoncé que le produit des ventes serait reversé à la Royal British Legion afin de venir en aide à une institution prenant en charge les militaires blessés.

Ces mêmes soldats qui ont été envoyés en Afghanistan et en Irak sous le gouvernement Blair alors que son propre parti était divisé sur l’envoi de troupes sans résolution de l’ONU.

Des pour...

Pour Chris Simpkins, responsable des œuvres caritatives au sein de l’armée, accepter « la très généreuse » offre a été un réel plaisir. D’autant qu’il s’agit là du don le plus important dans l’histoire de l’organisme. Cela donne l’ampleur du malaise que peut ressentir une partie des membres du Labour partisan de la guerre en 2003.

Malaise mais aussi colère. Pour les familles endeuillées par la perte de proches morts en mission, Blair est le principal responsable des centaines de victimes des affrontements. 

Et des très contre

Pour Rose Gentle, mère d’un soldat tué en Irak, le soutien financier aux blessés de guerre est une bonne chose mais ne fait pas oublier le reste. « Je le tiens encore responsable de la mort de mon fils », souligne-t-elle. « Blair a menti à propos de la guerre en Irak [précisément sur la présence d’armes de destruction massive], et il a refusé d’exprimer le moindre regret », critique une activiste de la coalition Stop la guerre. Pour la militante, la tentative de sauver sa conscience ne vaudra pas grand-chose aux blessés et aux familles endeuillées.

Adnan Sarwar, ancien militaire qui a perdu deux amis en Irak avant de quitter l’armée en 2007, donne une explication plus nuancée. « C’est peut-être une manière de s’excuser pour ce qu’il a fait, une manière de donner quelque chose en retour aux troupes, mais qu’importe les raisons, je pense que nous devrions accepter son argent et dire merci beaucoup ». Et estime que si cela ne change pas le passé et ne veut pas dire oublier ou pardonner, il faut quand même aller de l’avant.

Tony Blair a déjà promis de reverser les 4,6 millions £ qu'il a touchés sur l'à-valoir de la publication de ses mémoires. On attend désormais la fameuse séance de dédicace qui elle est aussi est largement mise sous pression


(Crédits photographiques Andy Mettler)