Le DRM, le DRM social et la folie des éditeurs

Clément Solym - 31.01.2012

Edition - Les maisons - DRM - Big Six - Social


Dans un article publié sur Publishers Weekly, le journaliste Cory Doctorow explique pourquoi les éditeurs devraient laisser tomber le DRM, qui ne fait du bien ni à leurs marges de profits ni aux consommateurs. Il rejoint ainsi l'idée du patron d'Anobii, qui souhaite la fin des DRM


Dans le cadre du projet Humble Ebook Bundle pour lequel Cory Doctorow est volontaire, ce dernier a du démarcher les éditeurs des plus grandes maisons d'édition des États-Unis, connues sous le nom de "Big Six" (Hachette Book Group, HarperCollins, Macmillan, Penguin Group, Random House et Simon & Schuster) afin d'établir des partenariats. Sur les six, une a refusé, raison de son coup de gueule. 

 

 

Politique du « tout DRM » = se prendre le mur ?

 

Le projet Humble Ebook Bundle consisterait à laisser les clients fixer les prix d'une collection d'ebooks sans DRM. Une idée déjà appliquée dans le projet Humble Indie Bundle (même organisation), mais pour les jeux vidéo, et qui connut un grand succès (quelques millions de $ de profit).


Cory Doctorow explique dans son article que sur les six maisons, une a refusé, sans toutefois la nommer. Il s'agit de celle qui a décidé d'adopter une politique de « tout DRM ».

 

Une grosse erreur selon lui, puisqu'il prédit que la maison perdra des centaines de milliers de dollars sur les ventes si elle continue à s'obstiner sur la question des DRM. Il affirme par ailleurs que tous les auteurs publiés par cette maison qu'il a rencontrés essaient à présent de mettre un terme à leur contrat avec elle pour leurs prochaines publications.


En exemple, l'auteur de l'article évoque les copies numériques données aux éditeurs avant publications. Selon lui, celle bourrées de DRM ont le plus de chances de ne pas être lues, tout simplement. Trop de complexités dans l'utilisation et le déblocage, mauvais aspect pratique pour lire les copies d'ebooks sur différents appareils... Des facteurs qui desserviraient leurs lectures.

 

 


Le DRM social, l'illusion marketing


Le DRM social correspond à l'insertion d'informations personnelles concernant l'acheteur dans le fichier. Ce système n'empêche pas la distribution du fichier par l'acheteur mais celui-ci peut se voir demander des comptes si son fichier est retrouvé chez un autre. Une sorte de prévention sur le piratage, un peu comme avec Hadopi qui exige que les internautes prouvent qu'ils ont sécurisé leur ligne internet.


Or l'efficacité du DRM social est à questionner. Comment prouver que la reproduction a été acceptée par l'acheteur et que ce n'est pas un vol ? De plus, est-il vraiment illégal de copier un fichier pour l'usage de sa famille ? Pourquoi ne pourrait-on pas prêter un ebook comme on prête un livre imprimé ?


La véritable illusion pour les éditeurs n'est pas que le DRM social empêchera le partage de fichiers, c'est qu'il est actuellement perçu comme un argument de vente par ces derniers, qui en font souvent publicité alors qu'il n'est en rien attractif pour les consommateurs, selon Doctorow.


Les DRM, ça se craque


Si les DRM sont perçus comme la solution-miracle par les éditeurs pour faire des profits et assurer les ventes sur le marché des livres numériques, c'est un leurre, selon Doctorow, car ils sont tout simplement « craquables ».


«La réalité, c'est que n'importe quel lecteur peut lire le livre de son choix quand il le souhaite sans payer. Il y aura toujours quelqu'un là-dehors suffisamment doué en technologie pour craquer n'importe quel système DRM. », explique-t-il, en ajoutant que même si le système DRM n'est pas craqué, il y a toujours l'option du scanner à livres, dont le prix à baissé pour atteindre 300$.


Sans compter l'aversion du public pour les DRM, il est temps pour les éditeurs d'ouvrir les yeux selon l'auteur, vous en saurez plus ici.