Le droit de prêt britannique désormais géré par la British Library

Antoine Oury - 28.03.2013

Edition - Bibliothèques - British Library - prêt - bibliothèque


Au Royaume-Uni, PLR signifie Public Lending Right, soit l'équivalent de notre droit de prêt, versé par les bibliothèques aux sociétés de gestion collective pour chaque document emprunté. outre-Manche, pas d'intermédiaires, et les auteurs reçoivent une somme au prorata des emprunts, 8000 € maximum. Après des mois d'incertitudes, ce devoir sera désormais celui de la British Library, confirme The Bookseller.

 


The British Library

stevecadman, CC BY-SA 2.0

 

 

Le ministère de la Culture, des Médias et des Sports en a décidé ainsi, après avoir obtenu les résultats d'une consultation publique nettement défavorable à ce transfert de compétences. Le ministre Ed Vaizey a avancé que le système avait « besoin de s'adapter au contexte économique difficile », et ce, en économisant 750.000 £ sur les 10 prochaines années.

 

Si Vaizey a mis l'accent sur les économies, notamment au niveau administratif, les détracteurs de la réforme craignent que les étapes ne soient multipliées au sein de l'énorme British Library. Les auteurs ont notamment fait entendre leur voix, en déplorant un conflit d'intérêts, puisque la British Library doit elle aussi verser des droits aux auteurs. Peter Straus, le président de la société des Agents d'auteurs, a jugé ce transfert « totalement inapproprié ».

 

Les agents de l'actuel bureau indépendant du droit de prêt deviendront des employés de la British Library dès octobre prochain. Jim Parker, à la tête du bureau PLR, restera en poste jusqu'en mars 2015, date à laquelle il quittera ses fonctions. Et il n'est visiblement pas aigri de finir un an plus tôt que prévu : « Nous sommes ravis de rester à Stockton pour notre mission. Les dernières années ont été plutôt stressantes, et nous sommes heureux de savoir que nous serons encore ici, et les auteurs n'ont pas à se soucier des éventuelles perturbations. »

 

La Société des Auteurs faisait partie des plus farouches sceptiques, et sa secrétaire générale Kate Pool a commenté l'événement, en rappelant les résultats de la consultation publique : « Puisque le gouvernement a décidé d'acter malgré tout ce changement, il y a sûrement une économie financière. Si cette dernière n'impacte pas sur le bon versement de la PLR aux auteurs, et transfère les fonds dans leur tirelire, tout ira bien. »

 

Effectivement, une telle réforme ne pouvait pas PLR à tout le monde...