Le ebooks, c'est du réchauffé, la violation de brevet aussi

Clément Solym - 10.04.2009

Edition - Justice - ebooks - rechauffer - violation


La vengeance est un plat qui se mange froid, et numériquement, depuis peu, pour Discovery Communications, et son créateur, John Hendricks, qui aura attendu 17 années avant d'attaquer les concepteurs de lecteurs d'ebooks. Amazon est en effet poursuivi pour violation de brevet, et pour Sony la situation ne semble guère plus enviable.

17 ans... 1992, retour dans le futur

Fin des années 80, Hendricks aurait été le premier à comprendre tout l'intérêt et le potentiel commercial de l'interactivité que procurerait la télévision numérique. Certes, il ambitionnait d'offrir des spectacles de meilleure qualité, et aura également conçu une offre Your Choice TV, permettant d'acheter des programmes pour 1 $. Et les fournisseurs de service apprécient, parce qu'il y a là des rentrées d'argent supplémentaires.

En 1993, il conçoit alors les premières offres de contenu à la demande et les interfaces graphiques qui vont avec. Plusieurs tests ont lieu avec Comcast et Times Warner, mais une angoisse persiste : les diffuseurs perdent le contrôle de leurs programmes.

Une idée, un brevet, Amazon est saqué

Dans tous les cas, l'idée était là : proposer à la demande, et pour creuser plus encore le concept, Hendricks va concevoir l'innovation du siècle : le livre électronique qui permettra de se procurer à la demande des contenus livresques...

Ainsi, son brevet couvre non seulement la sécurisation des ebooks dans leur transfert, mais aussi l'interface nécessaire pour les acheter et les télécharger vers un périphérique. Précisons d'ailleurs qu'aucune injonction n'a été formulée : Hendricks veut que le Kindle fonctionne et prospère. Parce qu'il avait raison 17 ans plus tôt.

Du réchauffé...

Et c'est ce qu'affirme Amazon aujourd'hui. Sony n'a pas souhaité faire de commentaires à l'agence Reuters, pas plus qu'Amazon ne manifeste son intention de s'exprimer sur le sujet. Et si Hendricks échoue contre Amazon, considère notre confrère, tout porte à croire qu'il se reportera contre d'autres. « Le marché du livre numérique, c'est du réchauffé. Tout comme les batailles juridiques. »