Le fabuleux dédain d'un famélique trentenaire

Clément Solym - 28.08.2012

Edition - Les maisons - parisianisme - roman - sexualité


Dans une dizaine de jours sortira le nouveau livre de Guillaume de Sardes, Le dédain, publié chez Grasset. Un livre décrit par l'éditeur comme « un roman sur différentes manières d'aimer ». Bof, bof, bof. C'est qu'à la lecture, on découvrirait plutôt un ouvrage sur les différentes manières de se faire ch*er.

 

 

 

 

Les aventures d'un trentenaire nommé Marceau ont cela de commun avec Baudelaire - excusez du peu - que le bonhomme dilapide le moindre euro qui lui tombe dans la poche. Et préfère passer les quinze derniers jours du mois dans son appartement, fauché comme les blés, mais heureux d'avoir dépensé sans compter. 

 

Le point commun ? Baudelaire refusait de sortir de chez lui sans une chemise repassée. Oui, c'est un peu court, mais d'abord, je fais ce que je veux, ensuite, cela rend Baudelaire encore plus sympathique.

 

Entre deux restaurants et trois sorties, il drague une écervelée rondouillette, ou se remémore les souvenirs de sodomie avec une ancienne maîtresse, et pour tuer le temps, s'adresse à une escort-girl. Après une première expérience fructueuse, la seconde lui laisse un goût amer. 

 

Et puis, il y a sa cousine, Lili, qui en veut à son phallus, et n'obtiendra guère plus que de lui faire une pipe, le cul dans la neige, en pleine forêt de Fontainebleau. Il y aura bien Junie, une Italienne, avec qui il va filer le parfait amour, l'euphorie et l'insouciance. Mais dont le mari la rappellera à Milan. 

 

Un peu de sexe, relativement soft, beaucoup d'ennui, d'un personnage inintéressant, un emploi chez un libraire spécialisé en livres anciens, pour la culture, et voilà le cocktail parfait baptisable Petit Roman Parisien Sans Conséquence Ni Grand Intérêt. PRPSCNGI. 

 

Si le roman se parcourt en une grosse heure, tout est dit. Marceau, de son petit nom, est une triste, et médiocre, accumulation de clichés sur le parisien  trentenaire et célibataire, le tout dans un style moderne parisien. Attention : quatrième de couverture honteusement mensongère. Ce livre n'a rien à voir avec des manières d'aimer. 

 

C'est tout le contraire : comment apprendre à vivre avec soi-même, quand on a du mal à s'apprécier.