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Procès : Fifty Shades of Grey, source de profits contestée

Nicolas Gary - 03.06.2014

Edition - Justice - procès - dommages intérêts - Fifty Shades Grey


Voilà une affaire qui ne fera pas long feu : deux femmes du Texas viennent d'en poursuivre une troisième, avec pour objet de litige, la trilogie Fifty Shades of Grey. Pour comprendre les enjeux, il faut se rappeler que EL James, l'auteure, a toujours justifié son livre, en le plaçant comme un hommage à Twilight. Il s'agissait pour elle d'écrire une refonte pour adultes de la saga vampirique - avec, aujourd'hui, le succès indéniable qu'on lui connaît.

  

 

 

 

Mais originellement, c'est sur le site Writers Coffee Shop que les textes avaient été publiés. Ce site a été conçu pour que les auteurs écrivent et partagent des fanfictions. Ces récits s'inscrivent dans un univers d'auteur préexistant, et développent des pans de la vie des personnages, imaginent des scénarios alternatifs ou proposent des suites aussi bien que des préquels. Il avait été fondé par deux femmes, résidentes texanes, et deux autres, vivant en Australie. 

 

Jenny Pedroza est l'une des créatrices texanes, et elle a porté plainte la semaine passée, devant le tribunal de l'État, juste avant d'être rejointe par Christa Beebe dans sa procédure. Les deux femmes accusent Amanda Hayward de les avoir arnaquées. En effet, lorsque le livre, numériquement, a pris un début de grande importance, l'éditeur Random House s'y est intéressé, et a souhaité acheter les droits. Pour un million $, la maison est parvenue à conclure un accord.

 

Et Hayward a eu la charge de gérer cette négociation. Or, selon l'intitulé de la plainte, Hayward aurait donc escroqué les deux enseignantes - mais également, toujours à lire dans la plainte, l'éditeur et EL James. 

 

C'est que, originellement, Writers Coffee Shop a été l'éditeur - pour l'avoir publié - du texte de EL James. Et donc le propriétaire originel des droits de l'oeuvre. Hayward aurait alors, sans consulter ses acolytes, tenté de créer une entreprise individuelle, sous un régime fiscal australien, pour signer le contrat avec Random House. Le tout devait encadrer les avances, et les versements de droits futurs, mais en raison de l'outil mis en place, les paiements auraient été effectués sur son compte personnel, et non celui de la société.

 

« Après avoir tenté de convertir WCS, sans même parler de ce qu'elle était en train de faire, Hayward a dit à ses partenaires que leur accord devait être restructuré totalement, en une entité exclusivement détenue par elle, pour des raisons fiscales. Elle a, par la suite, conduit Pedroza et Beebe à signer des accords de service avec WCS, et par la suite, mis fin à leur collaboration », rapporte la plainte.

 

Les deux femmes, s'estimant flouées, ont décidé de poursuivre pour délit d'initié, avec une injonction réclamant dommages-intérêts, ainsi que le remboursement des sommes dues. (via Court house)