Le fantôme de Borders hante une Australie inquiète pour ses libraires

Clément Solym - 16.07.2012

Edition - Librairies - Australie - librairies - Borders RED Group


Alors que le premier « anniversaire » de la fermeture des librairies Borders approche, (voir notre actualitté) Mark Rubbo, le directeur général des librairies indépendantes Readings, a publié dans le journal The Age une tribune où il lie avenir de l'édition et de l'écriture et survie des revendeurs. Il revient sur le démantèlement du groupe RED, et demande notamment une taxe plus élevée sur les boutiques de e-commerce.



Readings Books, Acland St, St Kilda, Melbourne, Australia 091207-12



Défendant son pré carré, Rubbo écrit : « Les librairies indépendantes et privées ont soutenu la créativité et l'innovation éditoriales, tout en contribuant à la création d'un marché plus ouvert pour les oeuvres. » Le directeur général de Readings, chaîne de magasins qui commercialise livres, CD, films et, désormais, livres numériques, revient sur l'effondrement du groupe australien RED, propriétaire de Borders.

 

Pour lui, cette chute n'a pour responsable qu'une conversion numérique menée d'une façon trop libérale : les revendeurs étrangers dématérialisés, « profitant d'un dollar très fort, d'une exemption de la GST [Goods and Services Tax, taxe sur les biens et services] et de tarifs postaux subventionnés », ont vampirisé un marché pourtant florissant, « envié par tous les éditeurs anglophones ». 

 

On reconnaîtra bien sûr, et sans grand mal, le site de e-commerce Amazon, qui pourrait détenir ,selon les estimations de Rubbo, jusqu'à 80 % du marché du livre numérique en Australie. Le reste revient, toujours d'après le directeur général, à The Book Depository, qu'il égratigne au passage. Avec le déclin du livre imprimé, le danger est réel pour les librairies, même si Rubbo s'alarme un peu rapidement sur l'entrée du livre numérique dans les catalogues des bibliothèques.

 

Comme en France, (voir notre actualitté) c'est surtout l'optimisation fiscale qui fait rager les libraires : tandis qu'ils se saignent en loyer, salariés, taxes en tous genres et impôts locaux, des sociétés vendent à distance, mais récupèrent bien l'argent des consommateurs australiens...