Le Festival Vo-Vf, les livres vus par leurs traducteurs

Claire Darfeuille - 08.10.2014

Edition - International - Festival de littérature étrangère - Gif-sur-Yvette - traducteurs littéraires


Du 10 au 13 octobre se tiendra la seconde édition du Festival Vo-Vf, le Monde en Livres au Moulin de la Tuilerie à Gif-sur-Yvette. Première manifestation consacrée aux traducteurs littéraires, le festival est entièrement gratuit et s'adresse à tous. Il se déroule dans le cadre « very british » de l'ancienne résidence de campagne des Windsors en vallée de Chevreuse.

 

 Le Moulin de la Tuilerie à Gif-sur-Yvette, écrin du festival Vo-Vf, le Monde en Livres

 

Et si l'envie de lire les livres naissait de la rencontre avec leurs traducteurs... «Ce sont eux qui ont la connaissance la plus intime des livres qu'ils ont traduits et sont souvent, de ce fait, leurs meilleurs ambassadeurs », tel est le constat tiré par Pierre Morize et Hélène Pourquié de la librairie LiraGif à l'origine de ce nouveau festival dont la particularité est de donner la parole aux traducteurs.

 

« L'idée est d'inviter les traducteurs des livres que l'on a aimés et de brasser tous les styles, de la poésie au polar, toutes les langues, toutes les parties du monde », explique Pierre Morize. Le programme illustre parfaitement ce parti pris avec une dizaine de tables rondes sur des thématiques aussi diverses que le roman arabe, la littérature anglophone d'Afrique ou afro-américaine, le polar scandinave, la littérature hongroise, lusophone ou encore catalane.

 

Chaque table ronde présente trois livres par la voix de leur traducteur. L'une d'elle aborde plus particulièrement quelques romans qui ont marqué la rentrée littéraire : L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage de Haruki Murakami traduit du japonais par Hélène Morita, Les réputations du colombien Juan Gabriel Vasquez présenté par sa traductrice Isabelle Gugnon ou encore Le ravissement des innocents de Taiye Selasi, traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter.

 

Mettre en avant les autres langues

 

« Nous souhaitions nous distinguer du festival America dédié uniquement à la littérature anglo-saxonne. De fait, si nous nous étions limités aux meilleures ventes, les trois quarts des livres seraient traduits de l'anglais », précise Pierre Morize. Cette volonté de mettre en avant les autres langues, celles dites rares, les a naturellement rapprochés de la Bulac, Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (non occidentales. Ndr) laquelle propose cette année un cycle sur la traduction intitulé A la table du traducteur.

 

La soirée d'ouverture se déroulera donc jeudi 9 octobre à 18h30 dans l'auditorium de la Bulac avec une carte blanche laissée à André Markowicz, personnalité à l'honneur du festival. Le samedi, cet insatiable traducteur de Dostoïevski, Gogol, Tchekhov (avec Françoise Morvan), mais aussi des poèmes latins de Catulle ou de pièces de Shakespeare, viendra parler avec sa verve et son enthousiasme habituels, de sa façon d'aborder la traduction et répondre aux interrogations du public.

 

« Nos clients sont friands de littérature étrangère, curieux des autres cultures, mais aussi fascinés par la traduction en elle-même. Beaucoup de questions portent directement sur le métier, les techniques » témoigne Pierre Morize. Un atelier animé par Valérie Le Plouhinec de l'ATFL donnera l'occasion à ceux qui le souhaitent de s'essayer à la traduction d'un livre jeunesse, un exercice qui est loin d'être un jeu d'enfant, et Le Marathon des langues, ouvert à tous les locuteurs de langues étrangères, permettra lui de prêter l'oreille aux voix du monde.

 

D'autres rencontres avec le parrain de cette seconde édition Patrick Deville, directeur du Maison des écrivains étrangers et des traducteurs, les écrivains et traducteurs Bernard Comment, Jean-Pierre Minaudier ou encore Vassilis Alexakis complètent cette vaste traversée en compagnie des ambassadeurs de la littérature mondiale, rassemblés le temps d'un week-end dans ce petit coin de campagne.

 

Le programme du festival et les informations pratiques pour s'y rendre -une navette entre la gare de Gif-sur-Yvette et le site du festival est disponible une demi-heure avant le début de chaque conférence- sur le site festivalvovf.