L'éditeur Pearson penserait à céder son Financial Times

Clément Solym - 20.07.2015

Edition - Economie - Pearson éditeur - Financial Times - vente Bertelsmann


Le grand partenaire de Bertelsmann dans le secteur de l’édition, Pearson, réfléchirait actuellement à la vente du Financial Times. Ayant reçu des marques d’intérêt de la part de plusieurs acheteurs potentiels, le groupe envisagerait de vendre, pour la somme d’un milliard £. 

 

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Esther Vargas, CC BY SA 2.0

 

 

Cette décision reposerait sur la volonté du groupe de se concentrer sur des secteurs de marché à croissance plus rapide, rapportent des personnes proches du dossier. 

 

À l’heure actuelle, 70 % des sources de revenus du Financial Times viendraient des abonnements numériques. Un porte-parole de la firme a refusé de commenter les rumeurs qui agitent le marché, d’autant plus qu’elles viennent de Bloomberg, qui avait déjà fait état d’une possible vente en 2012 de ce même titre de presse.

 

Dans son association avec le groupe Bertelsmann et la fusion de Penguin et Random House, des sources évoquaient la volonté de la part de l’Allemand de mettre la main sur l’ensemble de cette structure. En vertu d’un accord signé en 2012, les deux sociétés disposaient d‘une solution de vente d’actifs sous trois années. 

 

Avec 53 % de parts de marché dans Penguin Random House, contre 47 % détenus par Pearson, Bertelsmann souhaite avant tout progresser. Ce consortium, estimé à 3,5 milliards € pourrait d’ailleurs aboutir... à un divorce. À partir d’octobre 2015, Pearson serait disposé à vendre ses parts, et Bertelsmann serait en première ligne pour un trésor de guerre gigantesque. 

 

Peut-être que la cession du Financial Times pourrait avoir affaire avec des perspectives plus larges. D’autant plus que la fusion de Holtzbrinck et Springer Science+Business, validée en mai dernier, pourrait donner envie à Pearson de consolider le secteur pédagogie et sciences, pour faire face à la concentration en cours. 

 

Ou bien doit-on considérer les pertes enregistrées en 2014, où le premier éditeur mondial accusait le coup d’un recul de 4 % ?

 

Pour cette année, le groupe avait assuré qu’il porterait l’accent sur le virage numérique pris en 2013, et développerait ses services. « Nous en avons terminé avec ces deux années d’intenses restructurations et notre programme de réinvestissement, et nous avons été compétitifs malgré les difficultés liées aux conditions du marché. Nous commençons 2015 bien placés pour réaliser un impact important sur l’éducation, grâce à la combinaison de nouvelles technologies et de meilleures manières d’enseigner. Cela va nous permettre de pousser plus de personnes à s’investir dans l’éducation et d’agrandir nos opportunités liées au marché » déclarait John Fallon, le directeur général de Pearson.