Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le Finnegans Wake de Joyce illustré par un grand dessinateur anglais

Louis Mallié - 02.04.2014

Edition - International - Joyce - JohnVernonLord - FolioSociety


Aussi difficilement traduisible que compréhensible, Finnegans Wake est l'un des monstres de la littérature du XXème siècle, le Work in Progress sur lequel Joyce plancha après Ulysse. Les lecteurs qui en ont abandonné la lecture - ou qui n'ont pas osé l'ouvrir - auront désormais une nouvelle occasion d'aborder l'ouvrage. Les éditions de beaux livres Folio Society publient une édition (richement) illustrée par John Vernon Lord, célèbre dessinateur anglais.

 

© John Vernon Lord/ The Folio Society 

 

 

Publié pour la première fois en 1939 chez Faber & Faber, l'ouvrage est demeuré à la fois un monument de la littérature dite « expérimentale » du XXe siècle et une énigme. Écrit en plusieurs langues, au point que les spécialistes considèrent qu'il 'y a pas de langue de départ, le livre se présente comme une construction cyclique, la dernière phrase s'achevant sur la première page.

 

Le traducteur français Philippe Lavergne, ingénieur  informaticien, conseille pour l'aborder de commencer par le chapitre 5 avant de passer... au 9. Peut-être espérait-il aider le lecteur...

 

Quoi qu'il en soit, l'édition illustrée du Folio Society est donc un événement. Enrichi d'une introduction du critique anglais David Greetham, l'ouvrage est constitué de 536 pages, 12 illustrations et frontispices, le tout sur un format  11½" x 8“ (27,94cm sur 20,32 cm). Quant à son prix, il ne faudra pas compter moins de 99 £ ...

 

Par ailleurs, chaque illustration est suivie d'un texte du dessinateur qui explique la raison pour laquelle il a choisi de représenter tel passage, l'interprétation qu'il en a faite, etc...  Le livre met donc l'accent sur le rapport entre l'image et le texte. Lu et vu par un oeil qui change des discours critiques, il sera ainsi l'occasion d'offrir une vision nouvelle d'une oeuvre classée ésotérique.

 

À défaut de pouvoir feuilleter l'ouvrage, on pourra néanmoins en trouver l'ensemble des illustrations sur le site de The Guardian. Et pour les curieux, le journal a également republié l'article qu'il avait écrit en 1939 à l'occasion de la première sortie de l'oeuvre originale.