Le fonctionnement de la Brontë Society comparé à celui de la Stasi

Orianne Vialo - 16.06.2016

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La Brontë Society, qui a ouvert ses portes il y a 123 ans, entretient le Brontë Parsonage Museum (Musée du Presbytère des Brontë) en l’honneur des soeurs Brontë, Anne, Charlotte et Emily. L’une des plus anciennes sociétés littéraires du monde anglo-saxon organisait le 11 juin dernier son Assemblée générale annuelle à Haworth (West Yorkshire). Laquelle a tourné au vinaigre lorsque l’un de ses membres a comparé le fonctionnement de la Brontë Society à celui de la Stasi, la police secrète de l’ex Allemagne de l’Est... 

 

The Brontë Sisters

Statues des soeurs Brontë, à côté du Presbytère (Alice, CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

« Quand je lis toutes ces règles et règlements que nous avons accumulés, j’ai l’impression de faire partie de la Stasi. Nous avons besoin d’air frais et d’ouverture » crie une femme de l'Assemblée, tandis qu'un autre homme ne cesse d'émettre des commentaires en criant, empêchant les autres personnes de s'exprimer. Peu avant, un vote s'était tenu entre les membres de l'Assemblée pour décider s'il fallait exclure de la salle le journaliste et membre de la Brontë Society Mark Branagan. Le motif évoqué : « un conflit d'intérêts », car ce dernier avait eu le malheur de prendre des notes durant la réunion. (via The Telegraph)

 

Une porte-parole de la Brontë Society a cependant tenu à préciser que les propos tenus lors de l’Assemblée générale de cette année ont été injustement pris hors contexte et que ces épisodes tumultueux appartenaient désormais au passé. (via Newsweek). D’après elle, la Brontë Society réunit des passionnés, qui ne sont pas tous enclins aux changements. « L’Assemblée générale est l’occasion pour tout le monde d’exprimer leurs points de vue. »

 

Ces situations de conflits ne datent pas d’hier au sein de la Brontë Society. Depuis deux ans déjà, il y a de l’eau dans le gaz entre les membres traditionnels de l’organisation, et les autres, plus réformistes. Après une vague de démissions l’année dernière, Judi Dench avait été nommée présidente d’honneur de la Brontë Society, en remplacement de l’ex-présidente Bonnie Greer.

 

Alexandra Lesley, qui avait aussi quitté son poste de présidente de la société six mois seulement après avoir été nommée, a tenté d'expliquer les raisons qui l'ont poussée à abandonner son rôle lors de l'Assemblée générale. Coupée à maintes reprises, elle n'avait pas pu terminer son discours, mais avait quand même réussi à dévoiler que « l'équipe de direction a démissionné parce qu'ils sentaient que la situation devenait ingérable ». Aucune autre déclaration concernant les démissions n'a été faite par la suite. 

 

Reste à savoir si les prochains événements commémoratifs organisés en l'honneur des soeurs Brontë seront aussi mouvementés.