Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le Goethe Institut se penche sur la langue des immigrés

Claire Darfeuille - 23.06.2014

Edition - International - Traduire - auteurs allophones - Langues étrangères


Il est né en Pologne, mais sa langue d'écriture est l'allemand, elle est danoise et a opté pour le français, Matthias Nawrat et Pia Petersen sont les invités ce soir à 19 h du Goethe Institut de Paris, dans le cadre de sa série « Passeurs de langues ». Le débat est animé par William Irigoyen, chroniqueur littéraire et journaliste d'Arte.

 

 

 

 

Qu'est-ce que cela signifie de ne pas écrire dans sa langue maternelle ? De quelles façons le fait de grandir entre deux cultures et entre deux langues influence-t-il le processus créatif de l'écrivain ? À partir de quel moment se sent-on chez soi dans une langue ? Autant de questions soumises aux auteurs invités par le Goethe Institut dans le cadre de son cyclo franco-allemand consacré aux écrivains venus d'ailleurs. Cette série de rencontres se poursuivra jusqu'en novembre 2014. 

 

Matthias Nawrat est né en Pologne en 1979 et arrivé en Allemagne à l'âge de 10 ans. Il a reçu l'an passé le Prix Adelbert von Chamisso qui récompense depuis 1985 les écrivains d'expression allemande dont l'allemand n'est pas la langue maternelle. Journaliste scientifique et critique littéraire, il a publié deux romans Wir zwei allein (Verlag Nagel & Kimche, Zürich 2012) et Unternehmer (Rowohlt, Reinbeck 2014).

 

Pia Petersen est née en 1966 à Copenhague. À 16 ans, elle quitte l'école pour voyager en Grèce et en France, puis étudie le français et la philosophie à Paris. « Je ne parlais presque pas français, mais je savais que je voulais écrire en français », explique-t-elle dans le dossier de presse du Goethe Institut. Après avoir tenu quelques années une librairie à Marseille, elle se consacre désormais à l'écriture. Elle a publié 11 romans, dont le dernier paru est Mon nom est Dieu (Plon, 2014).

 

Adelberg von Chamisso et l'entre-deux

 

Les deux auteurs livreront leur expérience de cet « entre-deux » qui nourrit leur écriture. Une position de passeur qui n'est pas toujours pure allégresse si l'on en croit l'illustre Adelberg von Chamisso (1781-1938)… De son statut d'étranger des deux côtés du Rhin, l'écrivain et botaniste franco-allemand rapportait : « Ma patrie : je suis français en Allemagne et Allemand en France, catholique chez les protestants, protestant chez les catholiques, philosophe chez les gens religieux et cagot chez les gens sans préjugés, homme du monde chez les savants et pédant dans le monde, jacobin chez les aristocrates et, chez les démocrates, un noble, un homme de l'ancien régime ; je suis un étranger partout. Je voudrais trop étreindre, tout m'échappe, je suis malheureux… »

 

Le débat est animé par William Irigoyen, chroniqueur littéraire et journaliste à Arte et à la Radio Suisse Romande, lequel a également été conseiller littéraire pour le festival Traduire l'Europe à Strasbourg avec Herta Müller, romancière allemande d'origine roumaine, lauréate du prix Nobel de littérature en 2009.

 

Lundi 23 juin à 19h au Goethe Institut Paris, dossier de presse "Passeurs de langues", site internet Pia Petersen